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Santé mentale

13 juin 2014

Comment la méditation peut améliorer notre santé

Les moines bouddhistes et les yogis le savent depuis longtemps, maintenant les scientifiques le confirment : la méditation, c'est bon pour la santé. Voici pourquoi.

« Méditer, c’est se familiariser avec ce qui se passe dans le moment présent à l’intérieur et à l’extérieur de nous. On ouvre nos sens. On entend les bruits, les sons, le silence; on sent les odeurs; on voit les couleurs et les formes, et l'effet est un apaisement de l’esprit », explique Nicole Bordeleau, auteure, professeure de méditation et fondatrice du studio YogaMonde, sur la rive-sud de Montréal.

Il existe plusieurs formes de méditation, dit Mme Bordeleau : « Mais il n’est pas nécessaire de s’asseoir des heures en position du lotus comme un moine bouddhiste pour méditer. La majorité des types de méditation qui s’enseignent aujourd’hui n’ont aucun lien avec des mouvements religieux ou spirituels. »

La méditation que privilégie Mme Bordeleau s’inspire de la méditation de pleine conscience. Elle consiste à se concentrer sur le moment présent, sans jugement. Elle a notamment été popularisée par Jon Kabbat-Zinn, professeur de médecine américain qui a créé dans les années 1980 un programme de réduction du stress basé sur la méditation de pleine conscience. Depuis, plusieurs études ont démontré les bienfaits de cette forme de méditation, et plusieurs cliniques et hôpitaux l’utilisent comme approche thérapeutique.

Les bienfaits psychologiques

Selon Nicole Bordeleau, méditer permet de renforcer notre mémoire, de réduire notre fatigue mentale et d’améliorer la qualité de notre sommeil. « Des études ont également démontré que la pratique régulière de la méditation aide à mieux vivre avec le stress, à réduire l’anxiété et à mieux gérer nos émotions, ajoute Laurence De Mondehare, doctorante en psychologie et assistante de recherche pour le Groupe de recherche et d’intervention sur la présence attentive (GRIPA) de l’UQAM. La méditation peut aussi améliorer notre capacité d’attention, notre concentration et notre humeur. Elle aide à développer une certaine clarté d’esprit, et de la compassion pour nous-mêmes et les autres ».

« Notre groupe propose, aux entreprises et au milieu scolaire, des ateliers de gestion du stress, explique Mme De Mondehare. On montre aux participants comment développer leur présence attentive, ou pleine conscience, en pratiquant la méditation. » Cette pratique permet d’accroître le mieux-être et la qualité de vie au travail en plus de réduire les symptômes liés au stress, à l’anxiété et à l’épuisement professionnel. « On pense aussi que ça peut avoir un effet positif sur la productivité au travail, le taux d’absentéisme et les interactions entre collègues, ajoute Mme De Mondehare. Aux États-Unis, de nombreuses entreprises offrent des programmes permanents de méditation à leurs employés – et le Québec commence à emboîter le pas. »

Les bienfaits physiques

Parce que la méditation réduit notre réponse au stress, elle a des effets bénéfiques sur la santé cardiaque, en réduisant la tension artérielle et en ralentissant le rythme cardiaque. Méditer peut également remédier à divers petits problèmes du quotidien, dit Nicole Bordeleau : « Ça peut soulager des problèmes de digestion, relâcher les tensions aux épaules et à la nuque, et réduire les migraines, les douleurs articulaires et les maux de dos. D’ailleurs, en Amérique du Nord, environ 240 cliniques de la douleur utilisent la méditation pour aider des patients à gérer la douleur chronique. La méditation ne guérit pas la douleur, mais elle permet de mieux vivre avec, souvent parce qu’elle apaise les émotions fortes qui l’accompagnent. »

Des études ont d’autre part démontré que méditer améliore la qualité de vie des personnes malades. Par exemple, un essai clinique, dirigé par des chercheuses de l'Université de Montréal et du CHU Sainte-Justine, a révélé que la méditation de pleine conscience peut améliorer l’humeur et le sommeil chez des adolescents atteints de cancer.

« La méditation n’est pas une pilule magique qui efface tous nos maux, prévient Nicole Bordeleau. Mais c’est un outil extraordinaire pour améliorer notre qualité de vie. Pendant très longtemps, on s’est occupés de notre corps; à mon avis, la prochaine décennie sera celle de l’esprit », conclut-elle.

Comment méditer?

Selon des études, il faut méditer une vingtaine de minutes chaque jour pour en ressentir les bienfaits. Mais on peut commencer par des séances plus courtes de cinq minutes, deux ou trois fois par jour.

Comment s’y prendre? On choisit un endroit tranquille, on s’assoit sur une chaise le dos droit, les pieds ancrés au sol, les mains sur les cuisses. « On prend conscience de notre posture et, tranquillement, on se concentre sur notre respiration et sur les sensations qu’elle provoque dans notre corps, précise Laurence De Mondehare. C’est normal que notre esprit vagabonde; quand nos pensées vont dans tous les sens, il faut simplement ramener doucement notre attention vers la respiration. »

La pratique de la méditation paraît simple, mais c’est un entraînement. Pour ne pas se décourager, il est préférable de se faire guider au début.

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