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Santé mentale

24 octobre 2017

Bipolarité : aider pour donner de l'espoir

Le trouble bipolaire, auparavant appelé « psychose maniacodépressive », est une affection grave à laquelle il est difficile de faire face. Toutefois, adopter une approche à plusieurs volets, en temps opportun, peut procurer des bienfaits importants.

À l'âge de 39 ans, Andrea Paquette a appris à mieux vivre avec son trouble bipolaire. Toutefois, son parcours a été difficile.

La fondatrice et directrice générale de la Bipolar Disorder Society of British Columbia et de Bipolar Babes, un organisme de bienfaisance dont la mission consiste à sensibiliser les gens à cette maladie et à éliminer les préjugés qui y sont associés, a reçu un diagnostic de trouble bipolaire à 25 ans. « J'ai connu une période difficile sur le plan de la santé mentale », raconte-t-elle. « Pendant un épisode maniaque, je croyais que j'allais devenir la première ministre du Canada. »

Après avoir vécu des épisodes d'euphorie suivis d'épisodes de dépression profonde, ainsi que deux hospitalisations, Mme Paquette a commencé un nouveau chapitre de sa vie. Elle a dû composer avec la prise de médicaments et les réactions mitigées de ses amis, en plus de recommencer à zéro plusieurs fois dans sa vie professionnelle. Toutefois, sa persévérance lui a permis de mieux maîtriser ses symptômes grâce aux médicaments, aux thérapies de gestion du stress, à l'exercice physique, à un régime alimentaire strict et à des visites régulières chez un psychologue, une infirmière psychiatrique, un psychiatre et un médecin. Elle bénéficie également du soutien de sa famille et de ses amis.

« J'ai l'impression d'être plus productive », affirme Mme Paquette, qui dirige des programmes déployés dans les écoles de la Colombie-Britannique, qui visent à sensibiliser les enfants et les adolescents au trouble bipolaire. De plus, elle refuse de se définir par sa maladie.

« J'ai réalisé que j'étais atteinte d'une maladie, mais que je ne me définissais pas par celle-ci. »

Qu'est-ce qu'un trouble bipolaire?

Les troubles bipolaires surviennent souvent lorsqu'une personne passe de l'adolescence à l'âge adulte (de 18 à 24 ans), selon une brochure publiée par la Société pour les troubles de l'humeur du Canada. Ce trouble peut faire son apparition pendant l'enfance ou très tardivement (dans la quarantaine ou la cinquantaine). Auparavant appelé « psychose maniacodépressive », le trouble bipolaire serait associé à un déséquilibre des neurotransmetteurs, mais sa cause exacte demeure inexpliquée. Les personnes ayant des antécédents familiaux sont plus susceptibles d'être aux prises avec un tel trouble. D'un autre côté, les facteurs de stress associés au travail ou à la famille, les blessures, les maladies et les déséquilibres hormonaux peuvent aussi entraîner l'apparition de ce trouble.

Ce trouble se caractérise par une succession d'épisodes maniaques (hyperactivité et énergie débordante) et dépressifs. Il existe plusieurs types de trouble bipolaire :

  • Trouble bipolaire de type 1 : trouble caractérisé par des épisodes maniaques intenses, pendant lesquels le patient peut présenter des symptômes psychotiques (p. ex. hallucinations ou délire), suivis ou précédés d'épisodes de dépression profonde.
  • Trouble bipolaire de type 2 : forme atténuée du trouble bipolaire (hypomanie) associée à des épisodes dépressifs majeurs.
  • Trouble bipolaire à cycles rapides : trouble se manifestant par une combinaison de symptômes maniaques, hypomaniaques ou dépressifs (minimum de quatre épisodes par année).
  • Trouble bipolaire caractérisé par un état mixte : trouble caractérisé par des épisodes dépressifs et maniaques survenant en même temps ou se succédant fréquemment au cours de la journée.
  • Trouble cyclothymique : forme atténuée du trouble bipolaire caractérisée par des épisodes hypomaniaques et dépressifs courts et moins intenses, et non associée à des hallucinations ou à un délire.

En raison des changements d'humeur extrêmes ainsi que de l'impulsivité associés à leur maladie, les personnes bipolaires sont plus susceptibles de souffrir d'une dépendance, d'adopter des comportements sexuels risqués, de faire des dépenses excessives ou d'avoir des pensées suicidaires. Mme Paquette est bien placée pour en parler. Lors d'un épisode maniaque, elle a déjà distribué son argent à des passants dans la rue.

Traitement d'un trouble bipolaire

Une fois qu'un diagnostic est posé, une intervention immédiate est nécessaire, affirme Erin Michalak. En plus d'occuper le poste de professeure agrégée au sein du département de psychiatrie de l'Université de la Colombie-Britannique, Mme Michalak est chef d'équipe de CREST.BD, une équipe de recherche axée sur la collaboration qui s'intéresse au trouble bipolaire sur le plan psychosocial. Elle affirme que des médicaments constituent souvent le premier traitement employé pour stabiliser l'état d'un patient. « La prise de médicaments fait partie du plan de traitement de la plupart des personnes atteintes d'un trouble bipolaire », déclare-t-elle. Il peut s'agir d'antipsychotiques, de psychorégulateurs, d'antidépresseurs, d'anxiolytiques ou d'hypnotiques (puisque les troubles du sommeil sont fréquents chez les personnes atteintes d'un trouble bipolaire).

D'autres approches doivent toutefois être considérées. « Un traitement psychologique doit être envisagé au moment du diagnostic », ajoute Mme Michalak. « Il est important d'accroître la résilience des patients le plus tôt possible. Parmi les traitements psychologiques fondés sur des données probantes, on retrouve notamment les soins personnels, les stratégies d'adaptation, les stratégies visant à améliorer le sommeil et le mode de vie, l'évaluation de la qualité de vie et de l'humeur au fil du temps ainsi que l'élimination des préjugés. En proposant aux personnes atteintes d'un trouble bipolaire un traitement complet au moment du diagnostic, nous pouvons avoir un impact positif significatif sur la façon dont elles composent avec leur maladie. »

Mme Michalak indique toutefois qu'une longue période d'essais et erreurs est parfois nécessaire avant qu'un patient trouve la combinaison de médicaments et de thérapies qui lui convient. Bien que les rechutes soient fréquentes, elle affirme qu'un patient qui « fait des efforts, bénéficie d'un soutien et de renseignements adéquats et traite sa maladie de façon appropriée peut demeurer dans un état stable pendant de nombreuses années. Les personnes atteintes d'un trouble bipolaire peuvent jouir d'une excellente qualité de vie et être en bonne santé. »

Mme Paquette exerce un meilleur contrôle sur sa maladie. « J'avais une vision négative de ma vie, mais j'entrevois désormais une lueur d'espoir. »

Que faire si vous présentez des symptômes associés à un trouble bipolaire ?

  • Discutez de vos symptômes avec votre médecin, ainsi que des diverses méthodes de traitement pouvant être employées.
  • Invitez les membres de votre famille et vos amis à jouer un rôle dans votre plan de traitement.

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