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Prévention et soins

30 avril 2015

Si vous cherchiez une bonne raison de vous lever, la voici

Rester en position assise de façon prolongée peut faire augmenter votre risque de maladie grave — et vous entraîner une fois par semaine n'est peut-être pas suffisant pour réduire le risque.

Patrick Simon, avocat âgé de 38 ans, demeure souvent longtemps en position assise. «Je suis assis entre 10 et 12 heures par jour ouvrable, dit-il. J'essaie de prendre des pauses pour marcher un peu, mais il m'arrive souvent de demeurer assis sans me lever pendant des périodes continues de trois heures ou plus.»

Simon ne possède pas de voiture, alors contrairement à bien des gens, il marche beaucoup et fait du vélo pendant au moins 45 minutes chaque jour. Il semblerait qu'il soit l'exemple parfait des directives canadiennes en matière d'activité physique, dans lesquelles on recommande aux Canadiens de faire chaque jour de 30 à 60 minutes d'activité physique.

Toutefois, les résultats d'une nouvelle recherche (en anglais seulement) sont différents. Lors de cette méta-analyse les scientifiques ont découvert que plus les gens demeurent en position assise, plus leur risque de maladie cardiaque, de diabète, de cancer et de décès prématuré est élevé. Et faire de l'exercice régulièrement — même si cela réduit le risque — ne l'éliminera pas.

«Rester en position assise de façon prolongée entraîne un risque de décès, quelle qu'en soit la cause, qui est de 15 % à 20 % plus élevé» explique le docteur David Alter, auteur et scientifique principal, Institut de réadaptation du Réseau universitaire de la santé à Toronto, Institut pour les sciences évaluatives cliniques et professeur agrégé de médecine à l'Université de Toronto. «Après quatre heures en position assise, les risques commencent vraiment à s'accumuler.»

M. Alter indique que même pour les personnes qui font quotidiennement de l'activité physique pendant les 30 à 60 minutes recommandées, le risque de maladie est toujours présent — quoique moins élevé que pour les personnes qui ne font pas d'exercice. Alors que les raisons pour lesquelles le fait de demeurer en position assise longtemps est néfaste pour la santé demeurent obscures, il affirme que de rester assis pendant huit à dix heures après un entraînement d'une heure réduit considérablement les bienfaits de cet entraînement.

Nombre insuffisant de calories brûlées

Les résultats des recherches de M. Alter pourraient être comparés à un examen du nombre de calories brûlées pendant un entraînement au centre de conditionnement physique — disons 40 minutes sur le tapis roulant — et du nombre de calories que comporte un petit déjeuner typique. Supposons que vous brûlez 500 calories en courant; cela serait annulé par un sandwich petit-déjeuner de 500 calories et un café deux crèmes, deux sucres. «Nous ne brûlons pas autant de calories que nous le croyons» dit-il.

Les calories que l'on ne brûle pas deviennent dangereuses. «Les calories que nous ne brûlons pas se transforment en gras, ce qui est toxique pour notre organisme» explique-t-il. Il appelle cela la «toxicité métabolique».

Ce qu'il faut retenir de sa recherche, selon M. Alter, c'est qu'il faut faire de l'activité physique de faible intensité à petites doses — comme d'aller promener le chien ou de prendre les escaliers plutôt que l'ascenseur — tout au long de la journée, pour interrompre les longues périodes en position assise. L'important, c'est de bouger et de brûler des calories.

«Nous pouvons doubler le nombre de calories brûlées en nous tenant debout plutôt qu'en restant assis» explique M. Alter. Il recommande que les gens intègrent l'exercice dans leur quotidien, en travaillant debout, par exemple, ou en trouvant de nouvelles façons de bouger tout en faisant autre chose, comme faire des exercices pendant qu'on regarde la télévision.

Il met en pratique ce qu'il prêche; il répond à ses courriels et il écrit ses manuscrits tout en pédalant sur un vélo stationnaire. «Après une heure, j'ai brûlé 1 000 calories.»

Bien que M. Alter soit d'avis qu'il faut poursuivre les recherches afin de trouver à quelle fréquence il est recommandable de bouger, il est certain que plus on bouge, mieux c'est. Il admet également que la façon dont une personne intègre une activité physique de faible intensité dans son quotidien est fonction de son état de santé et des recommandations de son médecin.

«C'est un appel à l'action dit-il. Il existe différentes solutions pour différentes personnes.»

Patrick Simon affirme qu'il apportera des changements à son mode de vie. «C'est très préoccupant, dit-il. Cela m'incite à repenser entièrement ma façon de travailler.»

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