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Prévention et soins

05 novembre 2013

Quoi de neuf, docteur?

Nous remettons notre corps, et parfois même notre esprit, entre les mains des professionnels de la santé, confiants qu’ils sauront mettre le doigt sur le bobo. Mais pas de là à ne poser aucune question...

En plus d’avoir un bon partenariat avec votre médecin, vous devez faire un peu de travail vous-même. Allez sur Internet, informez-vous, et découvrez ce que vous pouvez tolérer.

— Teri Garr, actrice américaine

De tout temps, les professionnels de la santé ont été considérés par la plupart de leurs contemporains comme une sorte de dieux. Après tout, nous remettons entre leurs mains notre corps et parfois même notre esprit, confiants qu’ils sauront mettre, au propre comme au figuré, le doigt sur le bobo, pour ensuite trouver le remède approprié.

Je connais des gens qui ont une telle confiance en la médecine qu’ils n’osent pas poser la moindre question lors d’une consultation médicale, encore moins demander qu’on explore pour eux les différentes options qui s’offrent devant un problème de santé. Estimant que leur praticien détient toute la science nécessaire pour les soigner sans marge d’erreur, ces personnes prennent pour du cash tous les diagnostics émis, et filent en vitesse à la pharmacie faire remplir une ordonnance de médicaments dont ils ne savent rien : ni des effets secondaires possibles, ni des propriétés curatives.

Mon beau-père par exemple, que j’accompagnais un jour jusqu’au comptoir du pharmacien, ne pouvait me dire à quoi servaient ces petites pilules blanches qui lui avaient été prescrites par son omnipraticien.

  • C’est pour soigner quoi, ces comprimés? demandai-je.
  • Je n’en ai aucune idée, répondit mon beau-père sur un ton qui en disait long sur l’agacement dans lequel le plongeait ma curiosité.
  • Ça ne vous intéresse pas de savoir pour quelle affection on vous soigne? m’étonnai-je.
  • Je fais confiance à mon médecin, trancha-t-il. Il doit bien savoir ce qu’il fait.

Puis, sans même vérifier le contenu du flacon que lui tendait le pharmacien, il en sortit un cachet qu’il avala sans plus de préambule sous mon regard dubitatif.

Idem pour une copine à qui l’urgentiste qui la reçut à l’hôpital demanda quels médicaments elle prenait.

  • Une petite pilule rose chaque matin, répondit-elle. Ce qui ne disait absolument rien au doc qui dut se résoudre à téléphoner à son pharmacien pour enfin obtenir l’info requise.

Pourtant, les erreurs médicales pullulent. Selon un article publié dans Le Devoir le 19 novembre 20111, il y aurait eu, au Québec seulement, au cours de l’année 2011, un demi-million «d’accidents de soins» dont les plus nombreux seraient liés à la médication.

Avouez qu’il y a de quoi réfléchir.

Rassurez-vous, loin de moi l’idée d’initier une chasse aux sorcières ou de semer la pagaille dans la relation de confiance que vous avez sans doute développée avec les professionnels de la santé que vous consultez. Je reconnais volontiers que la plupart d’entre eux font preuve de professionnalisme, et se montrent soucieux d’être à la hauteur de leur serment d’Hippocrate. Seulement, je pense qu’un brin d’attitude responsable a non seulement le pouvoir d’éviter de malheureux accidents, mais aussi du même coup de bonifier les chances de succès des traitements qui vous sont proposés. Après tout, il s’agit de votre santé.

Un médecin pour qui j’ai beaucoup de respect affirme d’ailleurs que la collaboration active de ses patients est pour lui d’une aide précieuse dans l’évaluation de leur condition, ainsi que dans le choix qu’il fera des traitements possibles. Par exemple, m’a-t-il confié, un patient attentif à son corps, et capable de décrire clairement les symptômes qu’il ressent m’aide à le traiter adéquatement. Pour cet ami docteur, il ne fait pas de doute que chacun d’entre nous est doté de ce qu’il appelle un médecin intérieur, ce qui serait une sorte d’instinct qui aide à orienter l’investigation médicale. Lorsque votre médecin intérieur persiste à vous dire qu’il y a quelque chose d’anormal dans votre état de santé, alors qu’une panoplie de tests n’en démontre rien, dit-il, faites-vous confiance et exigez qu’on creuse davantage. Quand un patient m’affirme qu’il y a quelque chose qui cloche, je le crois, ajoute ce docteur. Et je persévère dans mes recherches.

Quant aux craques-potes comme moi qui rejoignent, tel Jean-Marc Parent, les rangs des hypocondriaques indécrottables, ils ont le chic pour exaspérer les médecins. En tout cas, le mien ne se cache pas pour lever les yeux au ciel quand je fais le récit des phobies que mes lectures sur Internet ont déclenchées en moi.

Faut pas croire tout ce qu’on lit, me dit-il. Peut-être bien, que je réponds. Mais c’est quand même sur un site Internet spécialisé que j’ai fini par découvrir ce qui m’a rendue si mystérieusement malade il y a sept ans, alors que tous les toubibs avaient déclaré forfait.

Comme quoi, les névroses peuvent avoir du bon.

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