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Prévention et soins

07 février 2014

Pourriez-vous sauver une vie?

Je suis chanceux d'être en vie. C'est peut-être grâce à l'alignement des planètes, au fait que quelqu'un veille sur moi ou encore tout simplement une question de chance — mais je crois, surtout, que c'est grâce à quelqu'un près de moi qui connaissait les manœuvres de réanimation cardiopulmonaire (RCP).

Le 28 octobre 2013, j'ai subi un arrêt cardiaque soudain. Cela est différent d'une crise cardiaque. La crise cardiaque survient lorsque l'apport sanguin au cœur se fait lentement ou cesse. Dans la plupart des cas, il y a des signes avant-coureurs comme une douleur à la poitrine, un essoufflement, des nausées ou des étourdissements.

Dans le cas d'un arrêt cardiaque soudain, le cœur s'arrête sans aucun avertissement. C'est un peu comme un problème électrique, alors que dans le cas d'une crise cardiaque, il s'agit plutôt d'un problème de plomberie.

Lorsque vous subissez un arrêt cardiaque soudain, vos chances de survie sont plutôt minces. En effet, neuf personnes sur dix qui font un arrêt cardiaque soudain meurent dans les minutes qui suivent. Cinq pour cent meurent à l'hôpital. Seulement cinq pour cent survivent, c'est-à-dire une personne sur 20.

Je suis cette personne, parce que quelqu'un d'autre a su ce qu'il fallait faire.

Mon arrêt cardiaque s'est produit à 6 heures, pendant mon sommeil. La chance m'a souri, car Jacqueline, ma femme, qui est une infirmière ayant suivi la formation en réanimation cardiopulmonaire (RCP), avait pris une journée de congé et dormait à mes côtés ce matin-là.

Voici ce qui s'est passé : mon cœur a cessé de battre et je ne me suis pas réveillé. Je me suis mis à respirer comme le font souvent les personnes qui se meurent, c'est-à-dire que mes respirations étaient rapides et superficielles (ce qu'on appelle la respiration de Cheyne-Stokes). J'ai commencé ensuite à avoir des convulsions. Ce sont les sons et les mouvements inhabituels qui ont réveillé ma femme.

Voyant que ma vie était en danger, elle a immédiatement composé le 9-1-1, puis elle a mis en pratique les techniques de RCP qu'elle avait apprises, en faisant des compressions thoraciques avec les mains. Les ambulanciers sont arrivés en moins de cinq minutes et ont immédiatement utilisé un défibrillateur, faisant redémarrer mon cœur.

Ma femme et les ambulanciers sont mes héros. Sans eux, c'est quelqu'un d'autre qui raconterait mon histoire. Le 28 octobre fut la pire et la meilleure journée de ma vie.

Mais je n'écris pas cet article pour parler de moi. Je veux parler de vous.

Vous aussi pouvez être un héros. Un collègue, un proche ou même un étranger pourrait survivre parce que vous avez appris quoi faire lors d'une situation qui met la vie d'une personne en danger.

Il y a trois moyens de renverser les effets d'un arrêt cardiaque soudain : appeler le 9-1-1, avoir recours à la RCP et utiliser un défibrillateur. Et il n'y a qu'un seul ennemi : le temps.

1. Appeler le 9-1-1

Il est vital que des professionnels de la santé se rendent sur place, et le plus rapidement possible, pour augmenter les chances d'un dénouement heureux. La personne qui répond aux appels faits au 9-1-1 peut avoir une influence apaisante pendant ce moment très émotif et peut aussi vous aider à trouver le défibrillateur le plus près, car bon nombre sont enregistrés auprès du 9-1-1.

  • Ce que vous pouvez faire : Si une personne s'est écroulée ou ne réagit plus, appelez immédiatement le 9-1-1. Si plus d'une personne est présente et que vous n'avez pas accès à un téléphone, envoyez quelqu'un faire l'appel. Il faut ensuite pratiquer la réanimation cardiopulmonaire et trouver un défibrillateur externe automatisé (DEA), mais la priorité est d'appeler le 9-1-1.

2. Réanimation cardiopulmonaire (RCP)

Un arrêt cardiaque causera la mort si la personne n'est pas traitée immédiatement. La RCP a joué un rôle crucial pour ma survie, car elle a permis à mon sang de continuer à circuler dans mon cerveau et à irriguer d'autres organes jusqu'à l'arrivée des secours. Elle a ainsi permis d'éviter des lésions cérébrales et d'autres conséquences invalidantes ou qui auraient mis ma vie en danger, tout en faisant gagner du temps jusqu'à l'arrivée d'un défibrillateur.

  • Ce que vous pouvez faire : Apprenez les manœuvres de RCP et demeurez à jour. De nombreux cours sont offerts pour vous enseigner comment effectuer efficacement ces manœuvres qui peuvent sauver une vie. De nombreux changements ont été apportés au fil des ans aux manœuvres de réanimation cardiopulmonaire; il est important de comprendre ce qu'il faut faire et ne pas faire. Pour plus de détails à ce sujet, visitez le site de la Fondation des maladies du coeur et de l'AVC.

3. Défibrillateur externe automatisé (DEA)

Dans le cas d'un arrêt cardiaque soudain, le cœur a besoin d'une décharge électrique pour reprendre son rythme normal. C'est exactement ce que fait un DEA, et c'est un appareil facile à utiliser. Vous n'avez qu'à le mettre en marche et à suivre les instructions. Bien que nous ayons fait de grands progrès au Canada en ce qui a trait à la sensibilisation à ce sujet et à la disponibilité de ces appareils, ils peuvent encore aujourd'hui être difficiles à trouver dans les bureaux, les magasins et autres endroits publics.

  • Ce que vous pouvez faire : Voyez où se trouvent les DEA dans les immeubles ou espaces publics, et assurez-vous qu'ils sont facilement accessibles. Sinon, devenez un champion de cette cause et contribuez à sensibiliser les gens à l'importance d'augmenter l'accessibilité des DEA.

Lorsque survient un arrêt cardiaque soudain et que du personnel d'urgence n'est pas disponible immédiatement -- ce qui se produit dans la plupart des cas -- c'est à nous qu'il revient de prendre les devants et d'agir. Les arrêts cardiaques soudains se produisent le plus souvent à la maison, au travail ou dans un endroit public, devant des membres de la famille, des amis ou des collègues. Personne ne devrait jamais ressentir un sentiment d'impuissance parce qu'il ne sait pas quoi faire.

La suite de mon histoire

Après mon arrivée à l'hôpital ce matin-là, on m'a plongé dans un coma artificiel pendant six jours pour permettre aux experts d'évaluer mon état et de le stabiliser. Onze jours plus tard, on m'a donné mon congé de l'hôpital avec un défibrillateur automatique implantable (DAI) installé dans ma poitrine et un sourire aux lèvres.

Le DAI enverra automatiquement une décharge électrique s'il faut redémarrer de nouveau mon cœur, mais en général une personne qui fait un arrêt cardiaque soudain est à la merci des gens qui l'entourent.

C'est ici que vous entrez en jeu.

Faites en sorte qu'aujourd'hui soit le jour où vous prendrez les mesures nécessaires pour devenir le prochain héros. Ce sera une expérience qui changera votre vie, et la personne dont vous sauverez la vie vous sera éternellement reconnaissante.

Je vous le garantis.

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