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Prévention et soins

06 octobre 2017

L'importance de se servir de sa tête : Ce qu'il faut savoir sur les commotions cérébrales

Il importe de soigner une commotion cérébrale pour éviter les complications neurologiques susceptibles de l'accompagner. Il serait plus important, toutefois, d'empêcher qu'elle se produise.

Lorsqu'il y a deux ans Allison Haggart est tombée en planche à neige et a heurté sa tête, elle ne savait pas ce qui l'attendait. «Je suis tombée à la renverse et je me suis frappé la tête sur une plaque de glace», se remémore la jeune étudiante de 20 ans. «J'étais étourdie et désorientée et j'avais mal au cœur.»

Ce n'est que plusieurs heures plus tard, lorsqu'elle a vu son médecin, qu'elle s'est rendu compte qu'elle avait subi une commotion cérébrale. «Il m'a dit que j'avais une petite commotion et que je devais rentrer à la maison et dormir pour m'en remettre.»

Cependant, au lieu de durer deux semaines comme prévu, le rétablissement s'est étiré sur 18 mois. «Je n'avais pas vraiment compris que ça allait prendre autant de temps», indique Allison, qui a passé le plus clair de cette période à la maison, éloignée de l'école. Devenue sensible à la lumière et aux sons, elle était incapable de lire ou de regarder la télé, voire de se concentrer sur quoi que soit, pendant les premiers mois. «C'était comme si j'avais eu une grosse migraine pendant des mois», explique-t-elle.

L'histoire se termine bien pour elle, toutefois : elle a fini par retourner à l'école, obtenir son diplôme et commencer l'université. L'expérience lui a cependant appris à être prudente. «J'ai choisi de pratiquer l'escrime à l'université, car on ne vise pas la tête», dit-elle en riant.

Les commotions peuvent passer inaperçues

Selon les experts, les commotions cérébrales sont difficiles à diagnostiquer, car elles s'accompagnent de près de 100 symptômes différents et les examens diagnostiques comme l'imagerie par résonnance magnétique (IRM) et la tomodensitométrie ne permettent pas de les détecter. Les commotions non diagnostiquées peuvent entraîner des problèmes neurologiques à plus long terme, notamment des trous de mémoire, des problèmes de vision et des changements d'humeur. En outre, des recherches ont permis d'établir des rapports entre les commotions répétées et certains types de démence.

Cela dit, beaucoup de progrès a été accompli depuis dix ans. Les médecins de famille connaissent mieux désormais les symptômes des commotions cérébrales et leur traitement.

«Nous n'avons pas encore toutes les réponses, mais nous sommes sur la bonne voie», souligne le Dr Charles Tator, neurochirurgien à l'hôpital Toronto Western Hospital et fondateur de Pensez d'abord Canada, programme de prévention des blessures destiné aux enfants d'âge scolaire, et membre du conseil de Parachute Canada, organisme national voué à la prévention des blessures. «Nous disposons désormais de meilleurs moyens de diagnostiquer les commotions.»

M. Tator affirme que les experts en médecine du monde entier se sont efforcés de définir et de clarifier la notion de commotion cérébrale : type de traumatisme crânien résultant d'un coup porté à la tête ou à une autre partie du corps qui entraîne le déplacement du cerveau à l'intérieur du crâne. Cela a permis de sensibiliser les médecins aux types de symptômes qu'ils doivent rechercher, dont voici une liste.

  • Mal de tête ou sensation de pression dans la tête
  • Perte de conscience momentanée — s'évanouir, voir des étoiles
  • Inconscience
  • Confusion
  • Perte de mémoire
  • Bourdonnement dans les oreilles
  • Nausée ou vomissement
  • Difficulté d'élocution
  • Sensibilité aux sons et à la lumière
  • Problèmes de vision

Dans le passé, on recommandait aux personnes ayant reçu un diagnostic de commotion de s'allonger dans une pièce sombre pendant une période prolongée pour «soulager le cerveau». M. Tator dit qu'il n'en est plus ainsi aujourd'hui, car la recherche a établi que c'est inutile.

«Nous recommandons d'éviter les facteurs déclenchants, souligne-t-il. Et ceux-ci diffèrent d'une personne à l'autre.»

Selon M. Tator, si vous avez subi une commotion et êtes sensible aux sons et à la lumière, vous devriez rester dans un environnement tranquille et porter des lunettes de soleil pour aller dehors. Si vous avez du mal à lire, vous devriez éviter la lecture jusqu'à ce que vous soyez en mesure de la reprendre graduellement sans symptômes. «Tous les cas sont différents. Leur gestion doit être effectuée de manière personnalisée.»

M. Tator suggère aux gens de reprendre le travail, le jeu ou le sport très graduellement, pour éviter la réapparition des symptômes. Pour retourner à la vie normale, les gens ont besoin d'en faire un peu plus chaque jour, au lieu de prendre simplement un congé. Les petits défis subtils pour le cerveau, de type physiothérapeutique — notamment une courte période de lecture ou de calcul mental – favoriseront le rétablissement d'un bon fonctionnement cérébral.

«Nous pourrions dire : “Essayez une heure par jour… ou essayez un jour sur deux”», ajoute M. Tator.

Les casques n'empêchent pas les commotions

«Les casques aident à prévenir certains types de blessures et doivent être portés pour faire du ski, de la planche à neige, du patin et de la luge, mais ils n'empêchent pas les commotions», affirme M. Tator. Pour éviter les traumatismes crâniens, il faut plutôt éviter les activités dans lesquelles il y a des contacts de tête à tête comme au football. «Nous devons nous montrer plus intelligents pour éviter les commotions; porter un casque ne suffit pas», indique M. Tator.

«Les sports à risque élevé comme le hockey peuvent être modifiés en vue de les rendre plus sécuritaires, ajoute-t-il. Il est possible de réduire radicalement le nombre de coups à la tête en insistant sur la technique plutôt que sur la violence.»

Le docteur Tator estime qu'il faut en faire plus pour empêcher les commotions cérébrales, notamment mettre en application de nouvelles règles qui limitent les mises en échec au hockey et les interdisent complètement à l'égard des enfants de moins de 16 ans.

«Nous devons nous réveiller et comprendre qu'il y a un problème réel», affirme M. Tator.

Dans le cas du soccer, des experts comme le neurochirurgien Robert Cantu de l'Université de Boston, autorité en matière de commotions dans le sport chez les jeunes aux États-Unis, recommandent désormais que les enfants ne frappent pas le ballon avec la tête avant l'âge de 14 ans.

Si vous subissez une commotion cérébrale

Voici trois conseils:

  1. N'en faites pas trop. En poussant trop fort pour reprendre vos activités après une commotion, vous risquez de faire réapparaître vos symptômes et de retarder votre guérison.

  2. Demandez un second avis. Si vous pensez que vous-même ou un proche avez subi une commotion mais que votre médecin ne l'a pas diagnostiquée, cherchez à obtenir un second avis. Selon le docteur Tator, il pourrait être sage de consulter un spécialiste en médecine sportive qui a l'habitude de traiter les commotions.

  3. Si vous avez déjà subi une commotion, soyez prudent. Les commotions répétées augmentent le risque de démence et d'autres maladies du cerveau. Il faut éviter à tout prix de subir une seconde commotion avant que la première soit guérie.

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