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Prévention et soins

05 mars 2013

Les hommes aussi font de l'ostéoporose

Vingt pour cent des hommes subiront une fracture au cours de leur vie parce qu'ils font de l'ostéoporose, mais 95 % de ceux-ci ne savent pas qu'ils souffrent de cette affection.

Il a fallu huit fractures avant qu'on pose un diagnostic d'ostéoporose à l'endroit de Larry Funnell — à l'âge de 48 ans. Il a glissé, une fois, dans l'escalier et s'est fracturé le poignet. Une autre fois, c'était une «petite chute» sur un parcours de golf où il s'est fracturé le bras.

Pendant près d'une décennie, aucun signal d'alarme, même si Larry avait des antécédents familiaux d'ostéoporose. «J'étais un de ces hommes qui passaient entre les mailles du filet», explique Larry, un fonctionnaire à la retraite qui vit à Cloverdale, en Colombie-Britannique. «Aucun professionnel de la santé n'a jamais pensé me poser des questions sur la santé de mes os.»

Finalement, en 1998, on a posé le diagnostic d'ostéoporose à son endroit après qu'il a été recommandé à un médecin de famille masculin et plutôt sceptique par le médecin de son épouse, une femme habituée à voir des patientes post-ménopausées atteintes de cette maladie. Larry se souvient d'avoir pensé alors : «Comment puis-je faire de l'ostéoporose? C'est une maladie dont souffrent les vieilles dames frêles.»

Les hommes ne connaissent pas les risques liés à l'ostéoporose

Vingt pour cent des hommes subiront une fracture au cours de leur vie, selon Ostéoporose Canada, parce qu'ils font de l'ostéoporose et 37 % des hommes qui subissent une fracture de la hanche décèdent dans l'année qui suit. Malgré tout cela, 95 % de ceux-ci ne savent pas qu'ils font de l'ostéoporose, explique l'Agence de la santé publique du Canada. Les symptômes peuvent comprendre :

  • de fréquentes fractures, souvent par suite de chutes apparemment inoffensives
  • une diminution importante de la taille
  • un changement de posture, comme le dos courbé
  • des douleurs au dos

Il est possible aussi de n'éprouver aucun symptôme.

Les facteurs de risque pour l'ostéoporose comprennent :

  • l'usage de stéroïdes (comme les inhalateurs pour l'asthme ou la prednisone pour les affections de la peau) pendant trois mois ou plus
  • le traitement du cancer de la prostate
  • des antécédents familiaux d'ostéoporose
  • une faible consommation de lait à long terme en raison d'une allergie aux produits laitiers ou d'une intolérance au lactose

Même en présence des facteurs de risque, les hommes hésitent souvent à aller chercher un diagnostic, explique M. Funnell, qui est aujourd'hui président du Réseau canadien des personnes atteintes d'ostéoporose. Il admet que les hommes ont honte de dire qu'ils font de l'ostéoporose, car ils pensent à tort que le fait d'avoir des os fragiles diminue leur masculinité. «J'ai caché à tous mon diagnostic, mis à part les membres de ma famille et mes amis les plus proches», dit-il.

Le docteur Bill Leslie, président du Conseil consultatif scientifique (CCS) d'Ostéoporose Canada à Winnipeg, fait remarquer que le diagnostic d'ostéoporose chez les hommes est souvent retardé, même après une fracture. Cela peut être attribuable à un manque de communication entre l'hôpital où on a traité la fracture et le bureau du médecin de famille, au fait que le médecin de famille n'a pas pensé qu'il pouvait s'agir d'ostéoporose ou encore au désir du patient d'oublier tout cela aussi rapidement que possible.

«Demander une mesure de la densité osseuse est peut-être quelque chose que peuvent oublier de faire les omnipraticiens débordés qui doivent suivre de nombreuses lignes directrices de pratique clinique», explique le docteur Leslie. «Les patients ne font pas toujours le lien non plus -- ils sont nombreux à préférer mettre le blâme pour leur fracture sur un trottoir glissant, par exemple.»

Il poursuit en disant que le CCS a lancé une campagne de sensibilisation à l'ostéoporose, pour que la première fracture soit la dernière! La campagne s'adresse aux patients, aux médecins de famille et au gouvernement et elle vise à ce que l'ostéoporose soit la première possibilité qui vienne à l'esprit lorsqu'un patient se présente avec un os fracturé après une simple chute. «Nous faisons des progrès, mais il reste encore beaucoup de travail à faire», dit-il.

Arrêter net l'ostéoporose

Il est possible de prévenir l'ostéoporose, même si vos facteurs de risque sont élevés. Si vous pensez souffrir d'ostéoporose, demandez à votre médecin de faire faire une évaluation de la teneur minérale de vos os, qui peut indiquer si vous avez une perte osseuse et l'importance de celle-ci, le cas échéant.

Si on pose à votre endroit un diagnostic de perte osseuse, qu'on appelle ostéopénie, prenez les mesures suivantes pour éviter qu'elle se transforme en ostéoporose :

  1. Faites régulièrement des exercices de port de poids pour maintenir votre force musculo-squelettique et pour éviter les chutes, recommande le docteur Leslie. Le genre d'exercice est fonction de votre forme physique, mais ce peut être la marche, le tai chi, le jogging, la danse ou encore monter des escaliers.
  2. Parlez à votre médecin de la supplémentation en calcium. Ostéoporose Canada recommande 1 000 mg par jour pour les adultes de 19 à 50 ans et 1 200 mg pour les personnes de plus de 50 ans.
  3. Si on pose un diagnostic d'ostéoporose ou d'ostéopénie à votre endroit, discutez avec votre médecin de famille des médicaments qui peuvent réduire la perte osseuse ou même faire augmenter la densité osseuse. On trouve parmi ceux-ci les bisphosphonates et les médicaments biologiques qui sont fabriqués à partir d'une forme d'hormone parathyroïdienne.

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