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Prévention et soins

09 novembre 2016

Dépistage du cancer de la prostate : ce que vous devez savoir

Bien que le dépistage du cancer de la prostate ait été mis en cause, il est sage de discuter avec votre médecin de la pertinence de subir le test.

Pour Jim Sullivan, écrivain vivant à Caledon en Ontario, l'intuition que quelque chose n'allait pas lui a sauvé la vie. «J'avais remarqué une série de petits problèmes : je faisais de l'insomnie, j'avais perdu l'appétit, j'avais parfois des difficultés à uriner – des choses comme cela», dit-il. «Je savais que quelque chose n'allait pas et j'avais cette petite voix qui me le rappelait.»

Jim Sullivan, âgé de 45 ans à ce moment, s'est présenté bien préparé à son rendez-vous avec son médecin. Il avait fait quelques recherches sur le Web et il a convaincu son médecin généraliste, qui était alors réfractaire à l'idée, qu'il devait lui faire subir un test de l'antigène prostatique spécifique (APS). Malgré le fait que son médecin ne voulait pas de prime abord lui faire passer ce test, prétextant qu'il était «trop jeune», le test de dépistage, qui permet de déceler la présence d'un cancer, a révélé que Jim avait un taux élevé d'APS. Son médecin a alors demandé qu'une biopsie soit effectuée. 

L'APS est une protéine fabriquée par les cellules de la prostate dont il est possible de mesurer le taux au moyen d'une prise de sang. Lorsque le taux est anormalement élevé, cela peut indiquer la présence d'un cancer de la prostate. Un taux d'APS inférieur à 10 est considéré comme bon, alors qu'un taux supérieur à 20 est considéré comme élevé. Des facteurs comme un récent toucher rectal, des affections bénignes comme une prostatite ou une opération récente de la prostate peuvent également affecter les taux d'APS.

Dans le cas de Jim, la biopsie pratiquée à la suite du test de l'APS a confirmé qu'il avait un cancer de la prostate, maladie qui sera diagnostiquée chez 21 600 Canadiens en 2016, selon les prévisions de la Société canadienne du cancer, et dont les symptômes comprennent ce qui suit :  

  • changements des mictions;
  • besoin d'uriner plus souvent, particulièrement la nuit, ou besoin pressant d'uriner;
  • difficulté à commencer à uriner ou à cesser d'uriner; 
  • incapacité d'uriner;
  • jet d'urine faible, réduit ou qui s'interrompt;
  • sensation de ne pas avoir complètement vidé sa vessie;
  • sensation de brûlure ou de douleur lors de la miction;
  • éjaculation douloureuse;
  • présence de sang dans l'urine ou dans le sperme.

Les avantages et les risques du test

Le test de l'APS est utile pour détecter la présence d'un cancer, mais il peut également donner lieu à de faux résultats positifs – des cas où il semble que ce soit un cancer alors qu'il n'en est rien. Le patient peut alors ressentir de l'anxiété, subir des tests supplémentaires et, dans certains cas, recevoir des traitements qui ne sont pas nécessaires.

Pour cette raison, les hommes de moins de 30 ans ne doivent consulter leur médecin et demander un test de l'APS que s'ils présentent un risque élevé de souffrir de cette maladie. Quant aux hommes dans la quarantaine, on les encourage à subir le test de l'APS afin d'avoir une valeur de référence qui permettra de déceler les variations de taux par la suite, selon Cancer de la Prostate Canada. «En ayant une valeur de référence, le médecin peut discuter avec le patient de la possibilité de faire un suivi clinique personnalisé», explique Jillian Hermansen, directrice du marketing et des communications à Cancer de la Prostate Canada, qui précise que son organisme a récemment clarifié sa position puisqu'il y avait de la confusion quant à l'âge où les hommes devaient subir ce test. «La détection précoce est la clé – lorsque la maladie est dépistée rapidement, le taux de survie associé au cancer de la prostate peut être supérieur à 90 %», dit-elle.

La Société canadienne du cancer recommande aux hommes dans la quarantaine et à ceux dans la cinquantaine de parler à leur médecin de la nécessité de procéder à un test de dépistage du cancer de la prostate.

Les facteurs de risque comprennent ce qui suit :

  • être âgé de plus de 50 ans;
  • avoir une alimentation riche en gras saturé et faible en fibres;
  • avoir un mode de vie inactif et un indice de masse corporelle élevé, ce qui signifie un taux élevé de gras par rapport à sa taille;
  • avoir des membres de la famille proche, comme son père ou un frère, qui ont reçu un diagnostic de cancer de la prostate;
  • être de descendance africaine ou caraïbéenne.

Cependant, comme de nombreux hommes, Jim Sullivan n'a jamais vu venir le cancer de la prostate. «Je n'avais aucun antécédent familial et ne présentais aucun autre facteur de risque qui m'aurait permis de penser que je pouvais être atteint de cette maladie», dit-il. 

Les options de traitement sont nombreuses

Comme l'a constaté Jim, le cancer de la prostate peut frapper à un jeune âge même lorsque les hommes ne présentent aucun facteur de risque connu. Dans son cas, la curiethérapie, qui consiste en l'implantation de sources radioactives dans la prostate pour tuer les cellules malignes, s'est avérée efficace. 

Les autres options de traitement comprennent :

  • la prostatectomie radicale, qui consiste à retirer complètement la prostate ainsi que les vésicules séminales et une partie de l'urètre qui traverse la prostate. Cette intervention a pour but de retirer toutes les cellules cancéreuses. Elle peut occasionner des effets secondaires tels qu'une incontinence et un dysfonctionnement érectile temporaires;
  • les ultrasons focalisés de haute intensité, qui ont pour but de brûler les tissus cancéreux dans la prostate; 
  • la radiothérapie externe, qui est administrée à l'extérieur de la prostate;
  • l'hormonothérapie, qui consiste à utiliser des médicaments pour réduire le taux d'hormones mâles dans le corps;
  • la chimiothérapie, qui vise à administrer de puissants médicaments anticancéreux pour ralentir la propagation du cancer et gérer la douleur.

Votre médecin peut également choisir, si votre taux d'APS est élevé, d'attendre que des symptômes se manifestent avant de commencer un traitement. La surveillance active est une autre option qui consiste à augmenter la fréquence des visites chez le médecin et à procéder à des tests de l'APS, à des biopsies et à des scintigraphies osseuses. Ce moyen peut être efficace dans les cas où la masse cancéreuse est petite et croît lentement, ainsi que dans les cas où le médecin pense qu'un traitement agressif peut être encore plus dommageable que le cancer lui-même.

«Le taux de décès associé au cancer de la prostate a considérablement diminué; il a en effet réduit de près de 4 % par année entre 2001 et 2009 grâce à la détection précoce et aux meilleures options de traitement», indique Mme Hermansen. Toutefois, Jim Sullivan croit que davantage d'hommes devraient arrêter de jouer aux durs et demander à subir un test de l'APS. «Les hommes ont de la chance : une simple prise de sang peut fournir à leur médecin des renseignements qui lui permettront de déterminer si des tests supplémentaires doivent être effectués.»

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