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Prévention et soins

05 octobre 2015

Accident vasculaire cérébral : les 4 signes à déceler pour agir VITE

Les premières heures suivant un accident vasculaire cérébral (AVC) sont cruciales. En connaître les signes et agir rapidement pourraient vous sauver la vie.

Un matin en mai dernier, Olga Wiseman, infirmière à la retraite, s'est fait réveiller par la sonnerie du téléphone. Elle était trop faible pour se lever pour y répondre, elle voyait double et se sentait à demi consciente. Elle a pensé que son taux de glycémie était peut-être trop bas, mais elle se doutait bien que quelque chose d'autre n'allait pas. «J'ai pu décrocher le téléphone, mais je ne pouvais pas voir les chiffres pour composer un numéro afin de demander de l'aide» raconte-t-elle.

Mme Wiseman, qui était alors âgée de 66 ans, n'a jamais pensé qu'il s'agissait d'un accident vasculaire cérébral. Elle était en forme physiquement, elle faisait de la natation et elle marchait tous les jours. Elle ne faisait pas d'embonpoint et ne fumait pas.

Heureusement, deux de ses fils l'ont appelée dans les moments qui ont suivi et un troisième a reconnu ses symptômes comme un signe certain d'AVC et a composé immédiatement le 9-1-1. Des analyses ont indiqué qu'elle avait fait un accident ischémique transitoire (AIT) ou mini-AVC. Son médecin a changé son médicament pour l'hypertension et lui a recommandé de prendre une aspirine chaque jour. Elle n'a subi aucun dommage permanent et sa vue et son élocution sont revenues à la normale.

L'expérience vécue par Mme Wiseman est un rappel brutal que personne n'est à l'abri d'un AVC, même si on ne correspond pas au profil de risque habituel pour cette maladie. Et, comme l'a découvert Mme Wiseman, il n'y a pas de temps à perdre, il faut agir rapidement pour obtenir un diagnostic et se faire traiter.

Qu'est-ce qu'un accident vasculaire cérébral et comment le traite-t-on?

Un accident vasculaire cérébral survient lorsque le cerveau est privé d'oxygène et de nutriments en raison d'un caillot, d'un blocage ou de la rupture d'un vaisseau sanguin intracrânien, faisant ainsi mourir les cellules cérébrales touchées. Si, comme c'est le cas pour 80 % des AVC, l'accident est causé par un caillot, on parle d'accident ischémique. (Un mini-accident est causé par un caillot temporaire.) S'il y a rupture d'un vaisseau sanguin, il s'agit d'un AVC hémorragique.

Statistique Canada estime que plus de 14 000 Canadiens meurent chaque année des suites d'un AVC, ce qui en fait la troisième principale cause de décès au pays. De nombreuses autres victimes demeurent invalides de façon permanente : 315 000 Canadiens, sans compter ceux qui se trouvent dans des établissements de soins continus, vivent avec les séquelles d'un AVC, selon un rapport publié par l'Agence de la santé publique du Canada.

Lorsque vous subissez un AVC qui est causé par un caillot de sang, vous devez vous rendre dans un établissement hospitalier qui est équipé pour traiter en urgence les AVC, et ce dans un délai de 4,5 heures après l'accident, pour qu'on puisse vous administrer des médicaments pour dissoudre le caillot. Lorsqu'ils sont administrés pendant les premières heures critiques suivant un AVC, ces médicaments peuvent réduire considérablement les dommages cérébraux.

«Pour protéger le cerveau, il faut agir rapidement» explique Mme Teresa Roncon, directrice principale des communications de la Fondation des maladies du coeur et de l'AVC de l'Ontario. «Plus l'intervention médicale est rapide, plus vous sauvegardez de cellules cérébrales. C'est pourquoi il est si important de reconnaître les signes d'un AVC aussitôt qu'ils se manifestent et de composer le 9-1-1 ou votre numéro d'urgence local pour une assistance médicale immédiate.»

Le bulletin sur l'AVC 2015 révèle aussi que la plupart des Canadiens ne reconnaissent pas les signes d'un AVC ou ne savent pas quoi faire en cas d'AVC. L'an dernier, la Fondation des maladies du coeur et de l'AVC a lancé la campagne VITE pour faire connaître un acronyme qui pourrait aider à sauver la vie d'une personne :

  • Visage : Est-il affaissé?
  • Incapacité : Pouvez-vous lever les deux bras normalement?
  • Trouble de la parole : Troubles de prononciation?
  • Extrême urgence : Composez le 9-1-1

Une action et un traitement rapides sont cruciaux pour le rétablissement de la personne qui fait un AVC; toutefois, de nombreuses personnes attendent trop longtemps pour obtenir de l'aide médicale, y compris appeler une ambulance. Selon le Bulletin sur l'AVC 2015, 77 % des Canadiens disent qu'ils composeraient d'abord le 9-1-1 s'ils pensaient qu'une personne est en train de faire un AVC. Mais seulement 59 % des patients arrivent à l'urgence par ambulance, ce qui est la meilleure option (malgré le coût, qui varie d'une province à l'autre, mais qui peut être couvert par une assurance santé complémentaire). Les autres arrivent à l'hôpital en voiture.

Les personnes qui ressentent soudainement les symptômes d'un AVC ne devraient pas attendre de voir leur médecin de famille, elles ne devraient pas «aller s'étendre pour que ça passe» ni conduire elles-mêmes leur voiture pour se rendre à l'hôpital. Les ambulanciers paramédicaux sont formés pour évaluer la situation et administrer des médicaments intraveineux aux patients qui font un AVC pendant l'heure cruciale au cours de laquelle les traitements ont le plus de chances d'aider les patients à survivre et à éviter des dommages neurologiques débilitants et permanents. Ils peuvent également aviser le service d'urgence de l'hôpital qu'ils sont en route avec un patient qui pourrait avoir fait un AVC, de telle sorte que le traitement peut commencer dès son arrivée à l'hôpital.

Facteurs de risque pour un AVC

Plus vous avez de facteurs de risque, plus vous êtes à risque de faire un AVC. Certains facteurs de risque peuvent être traités ou maîtrisés, comme l'hypertension et le tabagisme, mais d'autres, comme les antécédents familiaux, ne peuvent pas l'être. Les facteurs de risque sont les suivants :

  • Hypertension et hypercholestérolémie
  • Fibrillation auriculaire (rythme cardiaque irrégulier)
  • Sédentarité
  • Diabète
  • Tabagisme
  • Obésité
  • Consommation excessive d'alcool
  • Stress
  • Antécédents personnels ou familiaux d'AVC ou d'AIT
  • Être âgé de plus de 45 ans pour un homme ou de plus de 55 ans pour une femme ou être postménopausée
  • Être d'ascendance africaine, sud-asiatique ou autochtone

Les femmes ont plusieurs des mêmes facteurs de risque que les hommes en ce qui concerne les AVC, mais elles doivent composer aussi avec d'autres risques liés au fait qu'elles sont des femmes, par exemple si elles sont enceintes, si elles prennent des anovulants ou si elles suivent une hormonothérapie substitutive.

Prévenez un AVC avant qu'il se produise

Vous pouvez réduire vos risques de faire un AVC en adoptant un mode de vie plus sain. Commencez dès aujourd'hui à réduire vos risques, avant de faire un AVC, en suivant les conseils ci-après de la Fondation des maladies du coeur et de l'AVC :

  1. Faites baisser votre tension artérielle.L'hypertension est le facteur de risque le plus important en ce qui a trait aux AVC. Surveillez votre tension artérielle et, si elle est élevée, faites-vous traiter.
  2. Ayez une saine alimentation.Remplissez votre assiette d'aliments faibles en gras et riches en fibres que vous choisirez dans les quatre groupes alimentaires du Guide alimentaire canadien.
  3. Gérez votre stress.Déterminez quelle est la source de votre stress, parlez-en à vos amis, aux membres de votre famille et à votre fournisseur de soins de santé. N'oubliez pas non plus de prendre du temps pour vous.
  4. Perdez du poids. L'obésité et les complications qui y sont liées (hypertension et diabète) augmentent les probabilités que vous fassiez un AVC. Si vous avez un excès de poids, perdre aussi peu que 10 livres (4,5 kilos) peut influer considérablement sur votre risque de faire un AVC.
  5. Faites davantage d'exercice.L'exercice contribue à vous faire perdre du poids et à faire baisser votre tension artérielle, mais il peut réduire à lui seul votre risque de faire un AVC.
  6. Limitez votre consommation d'alcool. Les femmes ne devraient pas prendre plus de deux verres par jour, jusqu'à un maximum de 10 par semaine; et les hommes, pas plus de trois verres par jour jusqu'à un maximum de 15 par semaine.
  7. Traitez la fibrillation auriculaire. La fibrillation auriculaire est un rythme cardiaque irrégulier qui peut entraîner la formation de caillots dans le coeur. Ces caillots peuvent voyager jusqu'au cerveau et causer un AVC.
  8. Traitez le diabète.L'hyperglycémie fait augmenter avec le temps le risque d'hypertension, d'athérosclérose (épaississement des parois des artères), de maladie coronarienne et d'AVC.
  9. Cessez de fumer. Fumer fait augmenter la tension artérielle et accélère la formation de caillots en augmentant la quantité de dépôts lipidiques qui s'accumulent dans les artères.

Évaluez vos risques en utilisant l'outil Évaluation du risque cardiovasculaire de la Fondation des maladies du coeur et de l'AVC. Les risques, les signes, le traitement — quand il s'agit d'AVC, la connaissance est votre meilleur moyen de défense.

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