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Prévention et soins

30 mai 2014

À l’aide, je ne dors pas!

L'insomnie touche 10 % de la population et peut entraîner de nombreux problèmes. Deux experts nous parlent de la nature, des causes et des conséquences de ce trouble du sommeil.

Vous peinez à vous endormir le soir? Vous vous réveillez au milieu de la nuit et galérez pour vous rendormir? Le jour, au travail, vous cognez des clous? Peut-être que vous faites partie des 25 % de Canadiens qui dorment mal. Mais vous souffrez peut-être aussi d’insomnie, un trouble plus grave qui touche 10 % de la population.

Qu’est-ce que l’insomnie?

« Pour obtenir un diagnostic d’insomnie, il faut prendre plus de 30 minutes pour s’endormir, ou se réveiller 30 minutes dans la nuit, trois fois ou plus par semaine, et sur une durée de plus d’un mois », explique Roger Godbout, docteur en psychologie et professeur titulaire au département de psychiatrie de l'Université de Montréal ainsi que chercheur à la clinique surspécialisée d'évaluation diagnostique des troubles du sommeil de l’Hôpital Rivière-des-Prairies. De plus, ce manque de sommeil doit s’accompagner d’un mauvais fonctionnement diurne; donc, si vous dormez peu mais que vous fonctionnez bien le jour, c'est probablement que vous avez simplement besoin de moins de sommeil que la moyenne des gens.

Quelles sont les conséquences?

À court terme, la fatigue n’est pas le seul problème lié à l’insomnie, puisque celle-ci peut également influencer la capacité de concentration, l’humeur et la mémoire. Et, à long terme, l’insomnie augmente le risque de développer le diabète de type 2 et le risque d’obésité. Au travail, elle peut vous amener à prendre de mauvaises décisions, ce qui en fait un enjeu majeur pour les entreprises.

Reut Gruber, chercheuse à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, s’intéresse à l’impact de la privation de sommeil chez les enfants. « L'insomnie touche tout le monde, mais comme les enfants sont en développement, ça peut avoir des conséquences graves à long terme sur eux », explique-t-elle. Par exemple cela peut nuire à leurs notes, et de moins bonnes notes peuvent modifier la trajectoire professionnelle des enfants. En outre, le déficit de sommeil peut exacerber des problématiques déjà présentes, comme le trouble d’attention et l’hyperactivité.

Quelles sont les causes?

L es causes de l’insomnie sont multiples. Elles peuvent être liées à l'environnement — la pièce où l’on dort est trop éclairée, trop chaude ou trop bruyante, ou le lit est partagé avec quelqu’un qui ronfle (ou même avec un animal qui prend toute la place) — , ou au comportement — mauvaise hygiène de vie, heures de sommeil irrégulières, consommation de stimulants comme le café, activités stimulantes avant le sommeil. Les tablettes et autres bidules électroniques ne font rien pour aider : « Ces appareils, dit M. Godbout, posent problème à deux niveaux : la lumière qu’ils émettent envoie le message au cerveau qu’on est le jour, et leurs contenus sont stimulants. »

Parfois, l’insomnie découle d’une série d’événements : un deuil ou une séparation, par exemple. Elle peut également être causée par un problème de santé : céphalée, asthme, lombalgie, rhumatisme, hypertension, troubles digestifs, etc. « Souvent, ces troubles surviennent durant la nuit et les gens ne s’en rendent pas compte. Ça les réveille, mais ils ne savent pas pourquoi ils sont réveillés », explique M. Godbout. C’est pourquoi il recommande en tout premier lieu de consulter son médecin de famille, qui cherchera à établir les causes de l'insomnie.

Quelles sont les plus récentes avancées dans ce domaine?

« La plupart des recherches actuelles confirment en fait ce qu'on savait déjà, dit M. Godbout. Par exemple, on a récemment découvert des neurotransmetteurs qui jouent un rôle important dans la régulation du sommeil. L’un d’eux, l’adénosine, favorise la somnolence; or la caféine est un important bloqueur de ce neurotransmetteur, c’est pourquoi le café nous empêche de dormir. »

Mais, selon le psychologue, l'un des progrès les plus importants, c’est que l’« insomnie secondaire » n'apparaît plus dans la plus récente version du DSM, le répertoire des diagnostics en santé mentale. « Avant, on croyait que l’insomnie n’était que le symptôme d’un autre trouble. C’était donc souvent le dernier problème qu’on traitait, ce qui est une très mauvaise idée, parce que plusieurs troubles de santé peuvent découler d’un mauvais sommeil. Avec la nouvelle définition de l’insomnie, si quelqu’un présente deux problèmes, par exemple de la dépression et de l’insomnie, on va traiter les deux en même temps. »

Enfin, M. Godbout confirme que, pour soigner l'insomnie, ce qui est le plus efficace est une approche comportementale associée à la prise de médicaments.

Des conseils pour mieux dormir

  • Éviter les activités stimulantes avant le coucher, dont l'utilisation des tablettes électroniques et des téléphones intelligents;
  • Diminuer la consommation de caféine;
  • Prendre un bain ou une douche avant le coucher;
  • Avoir une routine de sommeil régulière, en évitant les grandes différences d’heure de coucher entre la fin de semaine et le reste de la semaine;
  • Modifier si nécessaire l’environnement pour dormir dans un endroit plus calme.

Des ressources 

Il n’est pas facile d’obtenir rapidement un rendez-vous chez un médecin, et les cliniques du sommeil ont parfois de longues listes d’attentes. Mais voici quand même le site Web du Centre d’études avancées en médecine du sommeil.

En attendant, vous pouvez consulter ces ouvrages grand public pour mieux comprendre l’insomnie.

  • Vaincre les ennemis du sommeil, Charles M. Morin, Éditions de l’Homme.
  • Enfin je dors... et mes parents aussi, Évelyne Martello, Éditions du CHU Sainte-Justine.

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