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Saine alimentation

24 août 2018

Payer plus cher pour manger bio, ça vaut la peine

Avant de choisir vos fruits et légumes frais, trouvez lesquels contiennent le plus de pesticides. Vous pourrez alors décider si vous voulez payer plus cher pour des produits biologiques.

La rentrée scolaire approche à grands pas. Parents et étudiants cherchent des idées pour les boîtes à lunch et se demandent quels fruits et légumes frais et savoureux ils y mettront. Malheureusement, la hausse du prix de la nourriture pourrait enfermer les gens soucieux de leur santé et de leur budget dans un dilemme : payer plus cher pour mettre des produits biologiques dans leur boîte à lunch ou choisir des produits conventionnels pour payer moins cher.

En vérifiant les prix à votre supermarché, vous constaterez que les fruits et légumes biologiques peuvent coûter de 0,50 $ à 3 $ de plus que les fruits et légumes conventionnels. Par exemple, la livre de pommes bio peut coûter 50 cents de plus (ce qui est notable mais pourrait être gérable) tandis que le paquet d’épinards bio peut coûter jusqu’à 3 $ de plus (ce qui est vraiment beaucoup). Ces coûts supplémentaires s’additionnent rapidement, particulièrement pour les personnes dont le budget hebdomadaire ou mensuel est serré.

Il faut donc se poser une question essentielle : payer plus cher pour manger bio, ça vaut la peine? Selon les publications annuelles Dirty Dozen et Clean Fifteen de l’Environment Working Group (EWG), cela dépend de ce qu’on souhaite acheter.

Ces listes, que l’on connaît également sous le nom EWG’s Shopper’s Guide, mettent en évidence les fruits et les légumes qui contiennent le plus de résidus de pesticides et ceux qui en contiennent le moins. L’EWG se fonde sur les tests menés par le département américain de l’agriculture et par la Food and Drug Administration sur plus de 38 000 échantillons lavés et pelés de fruits et de légumes très consommés afin d’établir leur contamination par les pesticides. Cette année, l’EWG a indiqué que les produits frais suivants étaient les plus contaminés :

  1. Fraises
  2. Épinards
  3. Nectarines
  4. Pommes
  5. Raisins
  6. Pêches
  7. Cerises
  8. Poires
  9. Tomates
  10. Céleri
  11. Pommes de terre
  12. Poivrons

En revanche, l’EWG a indiqué que les produits frais suivants ne contenaient que de très petites quantités de pesticides :

  1. Avocats
  2. Maïs sucré
  3. Ananas
  4. Choux
  5. Oignons
  6. Petits pois surgelés
  7. Papayes
  8. Asperges
  9. Mangues
  10. Aubergines
  11. Melons miel
  12. Kiwis
  13. Cantaloups
  14. Cauliflower
  15. Brocolis

Pour faire vos courses, vous pouvez vous baser sur Dirty Dozen et Clean Fifteen pour acheter bio les fruits et légumes qui sont en tête de liste des produits contaminés, et vous pouvez économiser un peu en achetant les produits conventionnels qui contiennent le moins de pesticides. Ces publications sont utiles si vous cherchez à faire des choix plus santé sans dégarnir votre portefeuille, mais ils soulèvent une autre question : la mention «biologique» signifie-t-elle vraiment «sans pesticides»?

Les aliments bio sont-ils dépourvus de pesticides?

Beaucoup de gens supposent que les fruits et les légumes frais biologiques ne contiennent pas de pesticides, mais ce n’est pas tout à fait vrai.

«Bien qu’il soit défendu d’avoir recours à des produits de synthèse et des engrais pour faire de l’agriculture biologique, il est possible d’employer des pesticides de sources naturelles», explique Carolyn Young, directrice générale du Conseil biologique de l'Ontario.

«Certains produits de synthèse sont permis, mais ils sont extrêmement réglementés, ajoute-t-elle. En outre, le degré de toxicité des produits utilisés est différent.» Selon l'Organic Trade Association, plus de 900 produits pesticides de synthèse sont autorisés pour l’agriculture conventionnelle, tandis que 25 seulement le sont pour l’agriculture biologique.

Les gens font rapidement l’équation entre «bio» et «sans pulvérisation», mais cela est problématique. «La mention “sans pulvérisation” n’est pas réglementée et peut donc être utilisée par tous, indique Mme Young, mais la mention “biologique” l’est, et le processus sur lequel se fonde son utilisation est sérieux.»

La production biologique n’implique pas uniquement une utilisation réduite des pesticides. «En agriculture biologique, les agriculteurs sont encouragés à adopter des méthodes de soins qui favorisent la santé et l’équilibre d’un écosystème – sur le sol et en dessous – et qui empêchent que les organismes nuisibles deviennent un problème, précise Mme Young. Cela comprend la gestion plus réfléchie des rotations des cultures, de même qu’une diversité de cultures et de pratiques garante du bien-être animal.»

Pourquoi les aliments biologiques sont-ils plus chers?

Compte tenu de toutes ces considérations en matière de santé, on ne s’étonne guère du fait que les produits frais et les aliments emballés qui sont biologiques coûtent plus cher. D’abord, ils sont plus onéreux à produire. Les agriculteurs peuvent cultiver des fruits et des légumes conventionnels en utilisant un certain nombre de pesticides de synthèse et d’engrais bon marché, ce qui leur permet de réduire leurs frais. Les producteurs biologiques, en revanche, doivent obéir à des règles strictes qui interdisent ces produits chimiques. En outre, en restreignant l’utilisation des pesticides, on peut réduire la durée de conservation, ce qui se traduit par des coûts plus élevés pour le commerce de gros et de détail.

Ensuite, pour être désignés biologiques, les aliments sont soumis à l’obtention d’une certification. «Pour qu’un produit puisse porter le logo “biologique Canada”, il doit répondre aux exigences du Règlement sur les produits biologiques du gouvernement fédéral (qui deviendra bientôt le Règlement sur la salubrité des aliments au Canada), selon lequel les produits visant une certification biologique doivent satisfaire aux normes biologiques canadiennes», explique Mme Young. Les agriculteurs et les producteurs biologiques doivent donc payer des frais de certification annuels pour chaque catégorie de produits (p. ex., cultures en plein champ, animaux d’élevage, produits de l’érable, miel) qu’ils ont l’intention de vendre. Pour les petits agriculteurs qui ont des cultures et des produits variés, cela peut peser lourd financièrement. Dans les marchés fermiers, on peut même entendre des agriculteurs affirmer qu’ils cultivent leurs produits de manière biologique, mais qu’ils n’ont pas payé la certification ou complété le processus de certification. Malheureusement, en l’absence de logo, vous ne pouvez vous fier qu’à leur parole.

Enfin, selon le Conseil biologique de l’Ontario, plusieurs facteurs (sanitaires, économiques et agricoles) contribuent à la hausse des prix que vous constatez à l’épicerie. Toutefois, certaines lignes directrices simples comme Dirty Dozen et Clean Fifteen vous donneront une bonne idée des circonstances où il est préférable de payer quelques dollars de plus et de manger bio.

Mais qu’est-ce qu’une activiste du biologique comme Mme Young pense des gens qui achètent des aliments bio seulement de temps en temps?

«Au Canada, environ 88 % des gens achètent des produits biologiques chaque semaine, affirme Mme Young. Personne n’achète uniquement des produits biologiques. Je crois que manger bio est un idéal et que les gens font le choix d’acheter des aliments biologiques s’ils le désirent et quand ils le peuvent.»

Mme Young ajoute que pour certaines personnes, l’achat de produits biologiques représente plus qu’une question de santé et d’argent : «Les Canadiens ont également à cœur d’améliorer le bien-être des agriculteurs et l’écologie du paysage agricole. Si votre santé n’est pas votre seule raison d’acheter des produits biologiques, je vous encourage à vous renseigner au-delà de la liste Dirty Dozen

Vous pouvez aussi opter pour l’autoculture et les marchés fermiers

Si vous avez une cour, un patio, voire simplement un balcon, vous pouvez cultiver vous-même au moins quelques produits bio. «Faire de la culture biologique dans votre propre jardin est plutôt facile, souligne Mme Young. Pour ce faire, vous devez connaître les besoins des produits que vous cultivez, porter attention à la santé du sol et cultiver une variété de plantes qui se complètent les unes les autres.» Pour en savoir davantage sur les ressources et les pratiques en matière d’agriculture biologique, Mme Young suggère de consulter le site Canadian Organic Growers.

Si vous ne disposez pas du temps ou de l’espace nécessaire pour avoir votre propre jardin biologique, ce n’est pas grave. C’est la saison des marchés fermiers, et plusieurs d’entre eux offrent des produits bio. Si vous prévoyez y faire un tour, voici quelques conseils pour choisir les aliments les plus frais et conserver vos provisions.

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