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Vie et collectivité

06 octobre 2017

Nourrir notre avenir : L'importance des programmes de nutrition pour les élèves

Dans notre pays riche, alors que nous célébrons l'Action de grâce, beaucoup d'enfants canadiens se rendent à l'école affamés. Voici comment les programmes scolaires de nutrition peuvent les aider.

Les études ne cessent d'en faire état : les enfants qui déjeunent avant d'aller à l'école ont un meilleur rendement en classe. Malheureusement, beaucoup d'enfants canadiens se rendent à l'école affamés parce qu'ils n'ont pas d'aliments nutritifs à la maison.

Bobbi Turner est la gestionnaire du programme scolaire de nutrition Food & Friends qu'administre la Children's Foundation of Guelph and Wellington en Ontario. Le programme permet de servir des repas nutritifs, par exemple de la quiche et un fruit frais, aux élèves de tous les milieux. C'est une bénédiction pour les enfants qui, souvent, n'ont rien à manger chez eux.

«Parfois, ces élèves atterrissent dans le bureau du directeur parce qu'ils n'ont pas suffisamment mangé», explique Bobbi Turner. L'un d'eux est Jimmy*. «Avant la mise en place du programme, Jimmy s'attirait tout le temps des ennuis parce qu'il volait le repas d'autres enfants, indique Mme Turner. Lorsque le programme a été instauré, Jimmy a mangé 6 morceaux de quiche avant de dire qu'il se sentait rassasié. On lui a répondu que c'était naturel, vu ce qu'il avait mangé. C'est alors que Jimmy a dit que c'était la première fois qu'il se sentait ainsi.»

Malheureusement, il y a trop de Jimmy dans notre pays. Selon le Club des petits déjeuners, au Canada, un enfant sur cinq «risque d'arriver à l'école sans avoir mangé, en raison d'un accès inadéquat à la nourriture». Ce chiffre est encore plus élevé dans les communautés des Premières nations et les communautés d'immigrants. Cela signifie que, dans une classe de 20 enfants, il y en a au moins 4 qui ne peuvent être attentifs ce matin parce qu'ils ont faim.

Au Canada.

Le financement public ne couvre qu'une fraction du coût des programmes scolaires d'alimentation

Le Canada est l'un des rares grands pays industrialisés qui n'ont pas de programme national de nutrition pour les écoles. Les provinces participent au financement des programmes, mais leurs soutiens respectifs varient. En Ontario, le gouvernement provincial finance 15 % du coût des aliments des programmes scolaires d'alimentation, mais les écoles sont dans l'obligation de trouver les 85 % restants. C'est un écart important que toutes les écoles n'arrivent pas à combler, peu importe l'ampleur de leurs collectes de fonds.

Mme Turner affirme que le Canada profiterait énormément d'un programme national d'alimentation. «Cela devrait préoccuper le gouvernement du Canada, parce que les enfants sont ce que nous avons de plus précieux, indique-t-elle. Ce sont nos futurs médecins, infirmières, avocats et propriétaires d'entreprise. Nous devons nous demander pourquoi, dans un pays riche comme le nôtre, tant d'enfants ont faim à l'école aujourd'hui.»

Les études montrent que les élèves qui prennent part aux programmes scolaires de repas ont de meilleures notes et sont plus susceptibles de terminer leur scolarité que les enfants qui arrivent affamés à l'école. Dans le cadre d'une étude réalisée en 2011 par le Toronto District School Board, on a mis en place un programme de déjeuner pour les élèves fréquentant des écoles du quartier Jane and Finch de Toronto. En suivant les résultats scolaires des élèves participant à ce programme, on a constaté que les élèves qui déjeunaient au moins trois fois par semaine étaient plus susceptibles de réussir mieux que ceux qui déjeunaient moins souvent. En outre, les élèves sur lesquels portait l'étude ont aussi obtenu de meilleures notes aux épreuves de mathématique et de compétence linguistique ainsi que davantage de crédits que les élèves qui ne déjeunaient pas régulièrement.

5 façons dont les programmes scolaires de nutrition profitent aux enfants

  1. Les élèves essaient de nouveaux aliments. Ils se montrent donc plus souvent ouverts à consommer des aliments sains à la maison.
  2. Les élèves se font de nouveaux amis et sont encadrés par le personnel et les bénévoles du programme. «Beaucoup d'élèves ne bénéficient pas d'un milieu de vie favorable et se réjouissent de voir les mêmes visages souriants chaque matin (lors du déjeuner scolaire)», souligne Bobbi Turner. De plus, ils se mêlent à d'autres élèves et se font de nouveaux amis.
  3. Les problèmes de comportement diminuent. Les élèves mangent des aliments nutritifs plutôt que des collations riches en sucre et ont le temps de décompresser en socialisant avec d'autres élèves avant d'entrer en classe. «En étant à la même table, ils commencent à former une communauté; de plus, nous enseignons aux élèves à acquérir des habitudes de vie saines qui dureront toute la vie», indique Brian Banks, agent de développement communautaire du programme Nutrition for Learning, qui s'adresse aux élèves de la région de Waterloo, en Ontario.
  4. Les notes s'améliorent. À mesure que s'accroît la capacité d'attention des enfants, ils ont plus de mémoire et réussissent mieux aux examens.
  5. Les élèves s'absentent moins de l'école parce qu'ils sont en meilleure santé. «Des organismes comme Food & Friends et YMCA dépendent largement du bénévolat et des dons pour leurs programmes de nutrition», souligne M. Banks. «Les programmes scolaires de nutrition comportent de nombreux avantages à la fois pour les bénévoles et pour les élèves», ajoute Mme Turner.

«Nourrir nos enfants n'est pas avantageux seulement pour eux; cela profite à notre collectivité et à notre pays.»

* Le nom a été changé.

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