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Vie et collectivité

02 juillet 2013

Le bénévolat : une mine d’or pour tout le monde

Au Canada, en 2010, 2,1 milliards d’heures de travail bénévole ont été accomplies. Je suis d’avis que l’action bénévole est tout aussi nécessaire à ceux qui la prodiguent qu’à ceux à qui elle est destinée.

On gagne sa vie avec ce que l’on reçoit, mais on la construit avec ce que l’on donne.

— Sir Winston Churchill

Je n’ose même pas penser à ce qu’il adviendrait de notre société si, du jour au lendemain, tous les bénévoles décidaient de faire la grève et de rentrer chez eux en même temps. En fait, j’ai peine à imaginer pire scénario. Un pays sans gouvernement passe encore, mais une société privée de tous ceux et celles sur qui reposent ses rouages d’entraide, voilà qui relèverait du véritable chaos!

Dans les faits, Statistiques Canada a révélé qu’en 2010, 2,1 milliards d’heures de travail bénévole recensées ont été accomplies. Ce qui représente près de 1,1 million d’emplois à plein temps. Avouez que ça donne à réfléchir. Quel pays, en effet, pourrait se permettre de lever le nez sur une force économique et humaine aussi grande?

Toutefois, nous aurions tort de croire que le bénévolat ne profite qu’à ceux qui en sont les bénéficiaires, ponctuels ou permanents. Car sous toutes ses coutures humaines et altruistes, le bénévolat constitue aussi l’une des plus grandes sources de bonheur et d’accomplissement personnel qui soit. Pour tout dire, je suis d’avis que l’action bénévole est tout aussi nécessaire à ceux qui la prodiguent qu’à ceux à qui elle est destinée. Parlez-en aux gens qui œuvrent gratuitement auprès des plus démunis de notre société. Tous vous diront la même chose que Voltaire : le bonheur est souvent la seule chose que l’on puisse donner sans l’avoir, et c’est en le donnant qu’on l’acquiert.

Il est vrai que l’on peut, à l’occasion, éprouver l’impression de n’avoir plus rien à donner. La vie s’avère parfois ardue, il faut bien le reconnaître. Et à un moment donné ou à un autre de notre existence, la plupart d’entre nous sont forcés de faire face à une sorte de passage à vide. Une période noire, pour ainsi dire, où la sensation d’être tari à la source nous jette alors dans une sorte de morosité capable de freiner nos plus beaux élans vers les autres. Les ruptures amoureuses, les pertes d’emploi, les deuils de toutes sortes de même que la maladie peuvent parfois nous inciter à nous replier sur nous-mêmes et à nous mettre en retrait de notre communauté.

Qu’à cela ne tienne, j’ai toujours pensé que quelle que soit notre condition, quels que soient nos moyens financiers ou autres, nous avons toujours quelque chose à donner. D’ailleurs, j’ai l’intime conviction que rien ne nourrit mieux et davantage que le don. En ce qui me concerne, au cours des périodes difficiles qui ont jalonné ma vie en esquintant parfois gravement mon estime personnelle, me tourner vers les autres a contribué largement à redonner un sens à ma vie, ainsi qu’à mettre un baume sur mes propres souffrances.

De là à croire que donner gratuitement est bon pour la santé mentale, il n’y a qu’un pas. À ce sujet, les résultats d’une étude américaine récemment menée allèguent que 71 % des personnes dépressives qui ont offert bénévolement du temps ou de l’expertise ont vu leurs symptômes de dépression diminuer significativement.

Serait-il possible que le bénévolat augmente aussi l’espérance de vie? Il semblerait que si. En tout cas, des gérontologues américains l’affirment sans hésiter. Selon une étude qu’ils ont menée auprès de 6 500 personnes dont l’âge moyen était de 78 ans, et dont 60 % était des femmes, le taux de mortalité a diminué de 54 % chez ceux qui avaient pratiqué des activités bénévoles sur une période de 4 ans.

Quoi qu’il en soit, nous avons tous nos raisons de nous adonner au bénévolat. Mais la meilleure de toutes réside sans doute dans notre désir profond de vivre dans un monde meilleur. Et ce n’est certainement pas en restant bien calé dans notre fauteuil à regarder défiler sur notre écran de télé les drames qu’affrontent nos pairs que nous y contribuerons. Rome ne s’est pas bâtie en un jour, après tout. Et il faut bien commencer quelque part.

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