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Vie et collectivité

24 novembre 2017

Devenir grands-parents : un rôle à apprivoiser

La famille s’agrandit et vous venez d’accueillir votre premier petit-enfant? Attention pourtant à ne pas froisser les parents. Conseils pour apprivoiser ce nouveau rôle sans heurt.

Votre premier petit-enfant est né : quelle joie! L’arrivée de ce nouveau bébé dans la famille vous promet beaucoup de moments de bonheur, mais aussi quelques frictions avec vos propres enfants… Voici comment déjouer les pièges.

«Mes parents ont le beau rôle avec mon fils de sept ans. Ils le gâtent et n’ont pas à faire la discipline. Quand il rentre à la maison, il nous dit toujours que chez grand-papa et grand-maman, il n’est pas obligé de finir son assiette et qu’il peut jouer à sa DS autant qu’il veut…», déplore Virginie, 35 ans. «Pourtant, ils étaient très sévères avec moi lorsque j’étais enfant. Je ne comprends pas leur changement d’attitude», ajoute-t-elle.

Virginie n’est pas la seule à faire un tel constat, loin de là! Alors que les parents doivent éduquer, mettre des balises et poser des interdits, les grands-parents, eux, jouissent de beaucoup de liberté.

Mais tout n’est pas rose pour autant. «Ma fille m’a fourni une liste des aliments qu’elle ne veut pas que je donne à ma petite-fille lorsque je la garde. Biscuits, muffins, gâteaux et barres tendres sont interdits. En guise de dessert, je ne peux lui proposer que des fruits ou du yogourt nature avec un peu de sirop d’érable…», mentionne Lucie, une jeune grand-mère de 55 ans, déçue de ne pas pouvoir gâter autant qu’elle le voudrait sa petite-fille de trois ans.

Des sources de conflits

Être grand-parent présente beaucoup de bons côtés, mais ne se déroule toujours sans heurts. Il faut dire que les défis sont nombreux : comment ne pas se montrer trop envahissant ni être vu comme un rival par les parents, tout en leur apportant un soutien et en jouant un rôle significatif dans la vie de ses petits-enfants?

«Il faut comprendre que la relation entre l’enfant et ses grands-parents est d’une tout autre nature que celle que ces derniers ont pu créer avec leurs propres enfants. Le rôle de grand-parent est nécessairement plus doux, moins conflictuel, tout simplement parce les enjeux sont moins nombreux», souligne Richard Langevin, psychologue fréquemment invité comme conférencier par l’Association des grands-parents du Québec.

«Les grands-parents d’aujourd’hui sont plus à l’aise financièrement, plus instruits qu’autrefois et souvent en meilleure santé, poursuit-il. Ils veulent nouer un beau lien avec leurs petits-enfants, les voir souvent. Mais cela peut être mal perçu par les parents, qui se sentent envahis ou ont l’impression que leur autorité est remise en cause.» Être grand-parent peut donc aussi vouloir dire marcher en terrain miné…

Une mission importante

Pourtant, il ne faut pas sous-estimer l’apport déterminant des grands-parents. «On devient en quelque sorte le gardien du temps en racontant l’histoire de la famille, en montrant de vieilles photos, etc. De plus, les enfants adorent quand on leur fait le récit d’anecdotes sur l’enfance de leurs propres parents. Tout cela est important pour la construction de leur identité», souligne Richard Langevin.

Par ailleurs, le grand-parent est souvent un confident pour son petit-enfant. Cela peut s’avérer crucial à l’adolescence, lorsque le jeune a besoin de se confier sans se faire juger.

Parce qu’ils ont plus d’expérience, les grands-parents ont aussi davantage de recul sur les situations, ce qui favorise leur rôle d’intermédiaire entre le petit-enfant et ses parents. «En cas de conflit, cela aide à nouer le dialogue, à trouver des compromis», mentionne le psychologue.

Conseils à suivre

Pour profiter pleinement de votre rôle de grand-parent et éviter les embûches, voici quelques recommandations :

  1. Faites profiter les parents de votre expérience… mais avec modération.
    • Contrairement à ce qui pouvait se faire autrefois, aujourd’hui, on ne demande plus conseil aux générations précédentes pour savoir comment élever ses enfants ou en prendre soin. On se fie plutôt aux renseignements recueillis auprès des professionnels de la santé, à ses lectures ou aux sites Internet consacrés à la question. Certes, les choses ont changé, mais les grands-parents peuvent tout de même avoir de bons conseils à donner! Cela dit, montrez-vous diplomate afin de ne pas sembler intrusif ou contrôlant et pour éviter que votre enfant se sente menacé dans son rôle parental. Laissez de la latitude à vos enfants et donnez-leur votre avis seulement s’ils vous le demandent. La relation belle-mère–belle-fille peut aussi facilement générer des frictions : faites preuve de doigté!
  2. Nouez une belle relation avec les petits… mais pas au détriment des parents.
    • C’est normal de vouloir passer du temps avec ses petits-enfants, mais laissez aussi de l’espace aux parents, dont l’agenda est bien rempli. Ne monopolisez pas les fins de semaine de vos petits-enfants, car c’est probablement le seul moment où papa et maman pourront faire des activités avec eux. C’est encore plus vrai dans le cadre d’une garde partagée où le parent ne voit son enfant qu’une semaine sur deux, par exemple.
  3. Gâtez un peu… mais pas trop.
    • Attention à ne pas trop gâter votre petit-enfant, ce qui pourrait vous attirer les foudres des parents. Respectez leurs limites et n’allez pas à l’encontre de leurs principes éducatifs. Ils vous donnent une liste d’aliments à éviter, des heures durant lesquelles le jeu électronique est autorisé? Acceptez ces règles sans rechigner. Ils ne pensent pas que vous êtes incompétent, c’est plutôt pour eux une façon de s’affirmer.

À lire

Grands-parents aujourd’hui : plaisirs et pièges, Francine Ferland, Collection du CHU Sainte-Justine pour les parents, 2012.

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