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Vie et collectivité

05 novembre 2018

Devenez un as de la garde partagée

La garde partagée comporte bien des défis, mais l’enjeu le plus important est d’assurer le bien-être des enfants. Voici quelques conseils pour y parvenir.

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Les deux fils de Marie-Claude Gagnon sont en garde partagée depuis plus de 15 ans. Selon elle, il est essentiel que les parents pensent avant tout aux besoins des enfants : «Les enfants n’ont pas à payer pour les décisions des adultes; il faut prioriser leur bien-être.» Ce sage conseil implique toutefois de mettre de côté rancœur et rancune, même si la séparation a été difficile.

Deux parents, deux façons de faire

Dans un tel contexte, l’une des conditions gagnantes consiste à permettre aux enfants de vivre ce qu’ils ont à vivre avec chacun des parents, explique la psychologue Élise Mercier Gouin. «Il faut accepter que l’autre parent ne soit pas notre clone, et qu’il fasse les choses à sa façon : il peut par exemple décider d'avoir un horaire plus souple ou au contraire plus construit, ou encore d'établir des règles de vie différentes. Et, si le bien-être des enfants est assuré, on doit respecter ces choix», dit-elle. Ainsi, les mères ont tendance à aller au-devant des besoins de leurs petits, alors que les pères, eux, leur permettent souvent de prendre plus de risques, et ces deux approches sont complémentaires.

Mme Gouin ajoute que l’on ne doit pas s’attendre non plus à ce que l’autre parent change du tout au tout : «Si notre conjoint(e) était toujours en retard, il y a peu de chances qu’il (elle) devienne ponctuel(le). On doit mettre de l’eau dans notre vin et se concentrer sur les besoins affectifs et matériels des enfants.» «Il faut faire des concessions pour assurer le succès de la garde partagée, confirme Mme Gagnon. Et, pour ça, on doit partir du principe que l’autre n’est pas de mauvaise foi.»

Maintenir la communication

Claudette Guilmaine, travailleuse sociale, médiatrice familiale et auteure de plusieurs ouvrages sur la garde partagée, estime que le maintien de la communication s’avère absolument essentiel : «C’est une erreur de penser que parce qu’on est séparés on n’a plus besoin de se parler. S’il n’existe pas de pont entre les parents, les enfants risquent de se noyer entre les deux rives...»

Il n'est pas nécessaire d’être amis, il suffit d’avoir une communication fonctionnelle et respectueuse, comme celle que l’on aurait avec un enseignant, par exemple. Parce que, quand on installe une cloison étanche entre les deux foyers, on prend le risque que les enfants se censurent et se sentent prisonniers de deux vies parallèles, ce que l’on ne souhaite évidemment pas.

On trouve d'ailleurs sur Internet des modèles d’agenda parental, un outil de communication et d’organisation très utile. «Quand nos enfants étaient plus jeunes, on avait un "cahier de suivi" qu’ils amenaient d’une maison à l’autre; aujourd’hui, on se sert surtout du courriel», dit Marie‑Claude Gagnon. Et, quand les parents s’entendent dès le début sur un maximum d’éléments, ils s’évitent ensuite beaucoup de négociations.

Les questions d’argent, par exemple, qui peuvent facilement devenir sources de conflits, gagnent à être réglées au moment de la séparation : il est utile de prévoir comment les dépenses liées aux enfants seront partagées. On peut aussi avoir à reconsidérer les versements dans les REEE des enfants ou qui sera le ou la bénéficiaire de notre assurance-vie, par exemple. Examiner la situation avec un conseiller en services financiers peut alors s’avérer très utile.

Prêter attention à certains signaux

L'une des questions que se posent souvent les parents est : que faire si nos enfants nous annoncent qu’ils ne veulent plus aller chez l’autre parent? Avant de paniquer, explique Élise Mercier Gouin, il faut chercher à comprendre pourquoi un enfant a cette réaction : «Tout signal de malaise qui perdure doit nous alerter, mais il faut savoir que tous les problèmes que vivent les enfants ne sont pas nécessairement liés à la garde partagée; beaucoup d’autres facteurs peuvent être responsables de ce genre de situations.»

Claudette Guilmaine le confirme : «On doit pondérer la réaction des enfants par d’autres éléments.» L’autre parent a-t-il chicané l'enfant, un nouveau conjoint est-il entré dans le décor, l'enfant se sent-il coupable de nous «abandonner»? Avant de sauter aux conclusions, il faut s'interroger.

Et les jours de découragement, rappelez-vous qu’en général les enfants apprécient la garde partagée, parce qu’ils n’ont pas ainsi à choisir entre leurs parents et qu’ils conservent leur amour ancré dans le quotidien.

5 conditions gagnantes pour réussir la garde partagée

  1. Respecter la façon de faire de l’autre parent, même si elle est différente de la nôtre, du moment que les besoins des enfants sont comblés
  2. Garder la communication ouverte entre les parents
  3. Créer un milieu de vie où les enfants ont leur place, un lieu qui leur appartient même s’ils n’ont pas leur propre chambre
  4. En cas de nouvelle union de l’autre parent, se rappeler que, pour les enfants, aimer d’autres adultes ou être aimé d’eux est un point positif
  5. Définir un modèle de garde partagée « taillé sur mesure » selon l’âge et les besoins des enfants

Pour en savoir plus

  • Alimenté par un groupe de chercheurs et de partenaires communautaires, le site de l’ARUC informe sur la séparation parentale et la recomposition familiale.
  • Le site de Claudette Guilmaine propose des liens vers plusieurs sites d’intérêt. On peut aussi y commander ses ouvrages sur la garde partagée et la monoparentalité.

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