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Vie et collectivité

19 novembre 2018

Comment aborder les fêtes quand la vie change

Maman est décédée, on s’est séparé, on a adopté des enfants… et les fêtes de fin d’année ne seront plus ce qu’elles étaient. Voici comment concilier traditions et nouveauté.

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« Le premier Noël après le décès de mon conjoint, j’aurais voulu tout effacer du temps des fêtes, raconte Catherine*, 41 ans. Cependant pour certaines choses, j’ai agi par réflexe. J’avais promis à mes enfants d’aller chercher un sapin et de le décorer avec eux. Mon petit a tenu à faire quand même des biscuits avec moi, et mon grand voulait reprendre la recette de sucre à la crème de son papa. Je n’avais pas du tout le cœur à la fête, mais j’étais très consciente que mes enfants méritaient d’avoir un Noël. »

Pour toutes sortes de raisons, la vie change et on se retrouve parfois coincé entre le désir d’honorer nos traditions des fêtes et la nécessité de s’adapter à une nouvelle réalité. Les enfants grandissent, fondent des familles à leur tour, avec le besoin de concilier deux familles. Quand maman décède, on se demande s’il faut reprendre sa tradition de préparer le réveillon du Nouvel An. On se sépare, on adopte des enfants ou on se remet en couple avec quelqu’un qui en a aussi. Voilà autant d’étapes de vie qui bousculent nos traditions des fêtes.

L’importance des rituels

Pourquoi sommes-nous si attachés aux rituels ? « Toutes les familles, toutes les sociétés et toutes les cultures ont leurs rituels pas banals entourant les fêtes », rappelle Dre Christine Grou, présidente de l’Ordre des psychologues du Québec. Concrètement, les rituels comportent quatre éléments fondamentaux :

  1. Ils sécurisent énormément. Dès la naissance, la routine et la stabilité balisent une vie. Les dates importantes du calendrier, tout autant.
  2. Les rituels nous enseignent le « vivre ensemble ». Ils se passent en famille et en communauté. C’est là pour qu’on puisse avoir de la joie ensemble !
  3. Ils permettent la transmission de notre histoire personnelle, mais aussi celle de nos parents et de nos grands-parents. Nous faisons partie d’une trame historique qui se poursuit, d’une histoire plus grande que la nôtre.
  4. Les rituels font partie de notre identité.

Selon Dre Grou, les rituels donnent un sens aux fêtes. Pour Claire, 63 ans, Noël a toujours été une grande source de bonheur. Chaque année, elle met presque un mois à décorer chaque coin de la maison de lumières et autres accessoires. « Je le fais d’abord pour moi, mais c’est toujours un immense plaisir de voir les enfants qui s’émerveillent devant mon décor. Avant, je le faisais d’abord pour mes enfants, maintenant c’est pour mes petits-enfants. » Claire insiste sur l’importance de transmettre ces traditions à ses enfants, comme celle des recettes familiales. « Les recettes de ma mère, que je fais année après année et que j’ai enseignées à ma fille, ces recettes veulent dire Noël. On ne les mangeait qu’à cette période de l’année, et ce n’est tout simplement pas Noël sans elles ! »

La nostalgie nous porte souvent pendant les fêtes et ce n’est pas une mauvaise chose. « La nostalgie n’est pas la mélancolie, souligne Dre Grou. C’est une occasion de revisiter les moments heureux souvent associés aux gens bien-aimés qui ne sont plus là. Et justement, comme le temps change forcément les choses, il faut savoir être souple et s’ajuster à notre nouvelle réalité. Noël, ce n’est peut-être plus de faire le tour de nos familles, la messe de minuit, les tourtières et les réveillons jusqu’aux petites heures. Pourtant c’est encore se rassembler avec ceux qu’on aime pour partager un repas et poursuivre l’histoire commencée avec ceux qui ne sont plus avec nous. »

S’adapter à la vie qui change

Quand de nouvelles personnes viennent se greffer à nos vies, c’est important d’avoir ce que Dre Grou appelle « le souci de l’autre ». C’est ce souci qui animait Michèle, 41 ans, lorsqu’elle a accueilli sa fille adoptée en 2013. « Ma fille avait 9 mois et nous avions beaucoup lu sur l’attachement et l’importance de lui faire comprendre que nous étions désormais ses parents. Alors nous avons décidé de lui faire vivre son premier Noël dans sa maison, avec nous, sans aller dans nos familles. Il y a eu un peu de résistance de la part de ma famille, mais c’était notre choix. Son bonheur et son adaptation étaient plus importants que le reste. »

Se soucier de l’autre, c’est se mettre à sa place et moduler les traditions pour qu’elles aient un sens pour tous. Si c’est la première année après une séparation, par exemple, on pourrait choisir de garder certaines traditions mais de les vivre en petite famille nucléaire réduite. Si c’est le premier Noël avec un nouveau conjoint, on peut tranquilliser les enfants à ce sujet. « Pour les enfants, un nouveau conjoint peut représenter une menace aux traditions d’avec l’autre parent, explique Dre Grou. Ainsi, on peut les rassurer sur le fait que jamais personne ne remplacera papa ou maman et que cette nouvelle personne peut s’ajouter dans les moments qu’on pourra convenir ensemble. »

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