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Vie et collectivité

10 septembre 2018

Aimer équitablement ses enfants devenus adultes

On est parents toute notre vie. Au fil des ans, les besoins changent, nos enfants aussi. Ensemble, on doit construire une relation qui nous ressemble et qui respecte les besoins (différents !) de nos enfants.

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Et c’est le cas pour tous nos enfants devenus adultes, peu importe si on partage avec eux peu ou plusieurs atomes crochus. Comme parents, on se doit de respecter que nos enfants sont différents de nous. « C’est confrontant pour un parent, un enfant qui ne pense pas comme lui, confirme Mme Grou. Mais c’est essentiel d’avoir l’ouverture vers un enfant qui a une personnalité et un système de valeurs bien à lui pour cultiver des relations harmonieuses. »

Qui dit personnalité distincte, dit lien distinct à bâtir avec ses enfants. Pour le parent qui souhaite des enfants tous pareils avec qui il pourrait entretenir des liens identiques, la déception sera grande. « C’est tout à fait normal de développer des liens différents avec nos enfants! rappelle la psychologue. On aime autant nos enfants, mais on ne les aime pas de la même façon et on ne doit pas se culpabiliser pour ça. C’est essentiel de comprendre la différence entre aimer de façon équitable et de façon égale. L’égalité voudrait dire, par exemple, offrir à tous les enfants les mêmes opportunités (cours de ski ou de piano pour tous), alors que l’équité voudrait dire offre à chaque enfant ce dont il a besoin pour s’épanouir, en fonction de son caractère. »

Yvan, 62 ans, et Marie, 61 ans, sont parents de garçons « très différents! » de 22 et 25 ans. Au fil des ans, ils ont beaucoup suivi leurs garçons dans les activités qui leur ressemblaient. Yvan en a passé des heures à suivre son cadet à l’aréna, alors que Marie s’intéressait davantage aux discussions avec son aîné. Mais les parents reconnaissent l’effort investi avec les deux enfants, surtout celui avec qui ils partageaient moins d’affinités. « Je n’ai aucun intérêt pour le sport, mais je pose quand même des questions à mon plus jeune à ce sujet, car je sais qu’il s’y intéresse, dit en riant Marie. C’est une façon de renforcer notre lien. » Pour Yvan, cela s’est traduit par faire partie d’un conseil d’établissement avec son plus vieux, ou faire des lectures sur son champ d’études du doctorat. Et ils aiment tous deux le vélo et se promettent pour bientôt une excursion costaude. « Faut reconnaître ce qui nous lie et nous relie », philosophe Marie, alors qu’Yvan voit d’un bon œil que les garçons vieillissent. « J’ai tellement aimé ma vie de jeune adulte. J’ai hâte pour mon cadet de le voir quitter la maison et commencer cette partie de sa vie. J’en garde de si beaux souvenirs. »

Donner à nos enfants ce dont ils ont besoin

Si Marie et Yvan arrivent si bien à reconnaître les forces et faiblesses de leurs enfants et s’en accommoder, c’est qu’ils voient leurs garçons pour qui ils sont. « On doit donner à nos enfants, peu importe leur âge, ce dont ils ont besoin, selon qui ils sont, explique Christine Grou. Tous les enfants n’ont pas tous les talents et il faut faire attention de ne pas valoriser une seule sphère de la vie, par exemple, les réussites académiques. » Le défi, c’est de ne pas se projeter dans l’enfant qui nous ressemble le plus, car ça peut mener au phénomène de l’enfant « chouchou », le préféré. « C’est dangereux pour l’enfant qui ne sera pas invité à développer ses propres aspirations. Il se sentira aimé pour ce qu’il peut faire, plutôt que ce qu’il est. Et ça nuira beaucoup à la fratrie, qui lui en voudra d’être le préféré. C’est difficile à admettre, mais le parent se doit de faire une prise de conscience s’il reconnaît cette réalité. Il doit voir que ce qu’il aime de son enfant n’est pas l’enfant, mais la personne qu’il aurait souhaité être. » Pour le bien de toutes les relations familiales, il faudra remettre les pendules à l’heure et vite. Et s’efforcer de créer des liens avec tous ses enfants.

Car tous les enfants auront besoin, tôt ou tard, de leurs parents – qui donneront à leurs enfants ce qu’ils peuvent donner, dans un respect d’équité. « Donner de façon équitable ne signifie pas nécessairement donner la même chose à chaque enfant, rappelle Christine Grou. Si on a pris soin des enfants de l’un, mais on n’a plus la santé de le faire pour l’autre, peut-on par exemple offrir de payer une femme de ménage ou autre aide domestique ? Et si on a les moyens d’offrir une mise de fonds à un enfant, mais pas à l’autre, on pourrait toujours donner davantage en héritage. On ne peut pas donner ce qu’on a pas », rappelle la psychologue.

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